Du 2 au 7 juin 2016, le CCLJ vous invite à participer à son voyage « Culture et Histoire » en Bulgarie, en visitant Sofia, avec sa communauté juive locale, mais aussi Plovdiv, Kazanlak, le monastère de Rila, Stara Zagora, la villa Yustina, et tant d’autres, comme nous l’explique l’organisateur Remy Israel Mendelzweig.
Que savons-nous de la Bulgarie ? Que savons-nous de la communauté juive de Bulgarie ? Un pays qui appartenait au bloc communiste et qui a rejoint l’Union européenne en 2007, un pays qui a promu son ancien roi Premier ministre, un pays qui a sauvé ses Juifs de l’Holocauste. La Bulgarie est un pays qui charme, étonne, et déconcerte.
Déconcertante est l’histoire de la Bulgarie dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, et plus encore le destin des Juifs bulgares dans la Shoah. Le monarque bulgare se déclare neutre dans le conflit mondial dans un premier temps. Mais, dès 1941, le roi est contraint d’autoriser les troupes allemandes à stationner dans le pays. Le 1er mars 1941, la Bulgarie rejoint l’Axe nazi. En récompense, Berlin cède à la Bulgarie la totalité de la Macédoine grecque et serbe. Le 24 décembre 1940, l’Assemblée nationale à Sofia adopte une loi infâme appelée « l’Acte de la Nation ». Cette loi supprime pratiquement tous les droits civils des 48.000 Juifs bulgares.
En février 1943, un accord est signé avec l’Allemagne, où la Bulgarie s’engage à déporter 20.000 Juifs des « nouveaux territoires bulgares » vers la Pologne. Comme il n’y avait que 11.000 Juifs en Thrace et en Macédoine, les 9.000 autres devaient être pris dans les « vieux territoires ».
Le 4 mars 1943, les autorités bulgares font monter sur des trains de la Compagnie des Chemins de fer bulgare 11.528 Juifs. Tous sont déportés vers les camps de la mort. Le 9 mars 1943, des familles juives dont les noms sont répertoriés sur les listes « d’indésirables » commencent à être rassemblées dans certaines localités de Bulgarie, dont Plovdiv. Les trains sont préparés à les déporter. Ces trains ne partiront pas, grâce à l’intervention de deux centres de pouvoir différents. Un groupe de parlementaires fait pression sur le Ministre de l’Intérieur pour cesser les déportations. L’Evêque de Plovdiv intervient personnellement pour empêcher la déportation des Juifs de Plovdiv. L’évêque de Sofia fait pression sur le roi pour cesser les expulsions, et donne l’instruction aux prêtres d’aider les Juifs qui cherchent un refuge. Les Juifs de Sofia sont quand même expulsés de Sofia. Mais les bateaux préparés pour leur déportation en Pologne restent bloqués. Les 48.000 Juifs de Bulgarie sont sauvés !
Beauté sauvage
Les paysages et la nature bulgares sont d’une beauté sauvage. Entre le massif du Balkan et les Rhodopes, nous visiterons la vallée des roses au moment de la floraison. Le parfum des roses de Damas importées par les Turcs au 17e siècle se répand dans la vallée. C’est l’occasion de nous plonger dans des traditions populaires vivaces, d’admirer les costumes chatoyants de couleurs et de broderies des femmes célébrant, en cortèges, la cueillette des roses pendant le Festival des roses.
Nous pourrons apercevoir dans les villages pittoresques des chevaux tirant une charrette. Nous observerons des maisons à architecture traditionnelle qui reposent sur de très hauts soubassements de pierre aux murs très épais sur lesquels est, comme posée, l’habitation en bois. Cette architecture particulière a été dénommée le « baroque de Plovdiv », à cause de la richesse artistique des luxueuses demeures que les riches négociants de Plovdiv se sont édifiées à l’époque de l’Eveil national – la renaissance intellectuelle et nationale bulgare face à la domination turque.
Une étape importante du voyage sera la visite du monastère fortifié de Rila, site classé au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, qui se dissimule dans un cadre somptueux de montagnes boisées. L’architecture surprenante de ce monastère allie des arcades aux formes harmonieuses à un sévère donjon médiéval, les points de vue variés découvrent les coupoles qui coiffent l’église principale et les corniches arrondies invisibles d’en bas. Ce monastère possède une valeur symbolique pour tous les Bulgares et est devenu l’emblème de l’opposition à la domination ottomane et à l’aspiration nationale.
Le visiteur découvrira que la plupart des écriteaux sont écrits en écriture cyrillique. Cet alphabet est adopté par le premier roi bulgare arrivé au pouvoir en l’an 852, comme moyen étatique d’unifier le premier Empire bulgare. Les Bulgares se vantent d’avoir exporté vers les terres slaves cet alphabet et se considèrent donc comme les civilisateurs du monde slave. Comment décrire l’étonnement du visiteur juif qui découvre dans l’alphabet cyrillique deux lettres qui proviennent de l’hébreu, le shin et le tzadik ? La Bulgarie est un pays de contrastes à découvrir.
Infos et réservations : Remy Mendelzweig 0475/907.927
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