Du 2 au 12 mai prochain, comme chaque année, les élèves de 5e et rhéto des écoles juives de Belgique participeront à la « Marche internationale des vivants ». Un événement que la directrice de l’Athénée Maimonide, Madame Judith, ne manquera pas bien sûr. L’occasion de revenir avec elle sur la nécessité d’un tel projet et son travail au sein de Maimo.
Quelle signification ce voyage a-t-il à vos yeux ?
Madame Judith De moins en moins de témoins ont vécu les atrocités de la Shoah, et la jeune génération s’éloigne progressivement des génocides qui se sont produits au 20e siècle. Créée il y a 28 ans par des Américains et des Israéliens, cette Marche exceptionnelle permet de réunir en Pologne entre 10.000 et 12.000 adolescents de 17-18 ans du monde entier, pour ne pas oublier.
Quel sera le programme de ces dix jours ?
Mme J. Nous passerons d’abord cinq jours en Pologne pour visiter les trois camps de concentration que sont Auschwitz, Maidanek et Treblinka. Les élèves de Maimonide, mais aussi de Ganenou, ou encore de Tachkemoni d’Anvers participeront ensuite avec tous les autres jeunes à cette Marche, particulièrement émouvante, rassemblant des Juifs, mais aussi des non-Juifs, entre Auschwitz et Birkenau. Tout au long de nos visites, nous serons accompagnés de guides israéliens et français, parfois eux-mêmes enfants ou petits-enfants de rescapés des camps. Nous nous envolerons ensuite en Israël pour célébrer le Yom Hazikaron, en souvenir des soldats morts au combat, et ensuite le Yom Haatzmaout, jour de l’Indépendance. Nous visiterons aussi des lieux symboliques, en lien avec ce qu’on aura vu en Pologne et qui illustrent la consolidation de l’Etat d’Israël après la Seconde Guerre mondiale. La cérémonie de clôture se déroule comme toujours à Latrun où les 12.000 participants chanteront l’Hatikva !
Que répondez-vous à ceux qui critiquent justement ce passage de la Pologne à Israël ?
Mme J. Ce lien est selon moi nécessaire. S’arrêter à la visite des camps en Pologne serait extrêmement démoralisant pour les jeunes. Cela ne signifie pas qu’Israël s’est construit sur les bases de la Shoah. L’objectif éducatif est de montrer plutôt comment le Phoenix a pu renaitre de ses cendres, comment de l’horreur la plus absolue, on est parvenu à créer du positif. Notre devoir est de faire vivre la mémoire.
Vous dites que cette marche 2016 sera particulière, pour quelle raison ?
Mme J. Ce sera en effet ma dernière Marche des vivants. Cette année passée à la direction de Maimonide a été pour moi un vrai challenge. Malgré les difficultés auxquelles l’école est confrontée, je pense être parvenue à assurer son fonctionnement administratif et pédagogique, en offrant aux élèves une bonne qualité d’études, tout en organisant des sorties au musée, des rencontres avec des écoles non juives, des colloques, et même la visite de parlementaires anglais ! En continuant aussi à participer à la Marche des vivants, ce qui est très important. A mon âge, je ne peux plus fournir toute l’énergie que je voudrais à ce projet éducatif. J’ai donc décidé de mettre un terme à mes activités de bénévolat au sein de Maimonide, et de laisser la place aux plus jeunes.
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