Kenneth Stein : Quelles leçons tirer de la réussite des accords de Camp David en 1978 ? Conférence au CCLJ le 25 mai à 20h

Professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Emory University, Kenneth Stein a dirigé la Fondation Carter entre 1983 et 1986. Spécialiste d’Israël et du Moyen-Orient, il a longuement étudié les négociations de paix israélo-égyptiennes dont l’état d’esprit a permis selon lui d’aboutir à un bon accord définitif. Il abordera cette question le 25 mai 2016 à 20h au CCLJ.

Proche du président Jimmy Carter pendant de nombreuses années, le professeur Kenneth Stein fut le premier directeur de la Fondation Carter créée suite à l’attribution du Prix Nobel au 39e président des Etats-Unis pour son action en faveur de la paix au Moyen-Orient aux côtés d’Anouar el-Sadate et Menahem Begin. Suite à la publication du livre polémique de Jimmy Carter, Palestine, la paix pas l’apartheid, Kenneth Klein a démissionné de la Fondation Carter en 2006. Dans un article qu’il a publié dans la revue Middle East Quarterly, Kenneth Klein s’est expliqué sur sa démission en relevant point par point les erreurs, les omissions et le parti-pris anti-israélien du livre de Jimmy Carter.

Cette rupture ne remet pas en cause l’appréciation de l’action du président Carter dans la concrétisation des négociations de paix entre Israéliens et Egyptiens entre 1977 et 1979. Pour Kenneth Stein, l’approche américaine était la bonne. « Quand Israël et l’Egypte ont signé leur traité de paix, aucun pays n’a interrogé la légitimité ou l’indépendance politique de l’autre côté », insiste-t-il. « La meilleure option pour la paix est celle qui a été préconisée par le président Carter en mars 1977, lorsqu’il a déclaré que la reconnaissance des frontières doit être mutuelle ».

Les choses avaient pourtant mal commencé pour les Etats-Unis. Sadate a pris de court la communauté internationale en se rendant en Israël en novembre 1977. Le dialogue qu’il a amorcé avec Menahem Begin sera certes difficile, mais il ne sera pas sans lendemain. Acceptant mal d’avoir été mis sur la touche, les Américains ont vite repris les choses en main. Du 5 au 17 septembre 1978, le président Carter a réuni à Camp David Israéliens et Palestiniens pour un conclave diplomatique en vue d’aboutir à une solution de paix. Au bout de treize jours de discussions riches en rebondissements, Anouar el-Sadate, Menachem Begin et Jimmy Carter, en tant que témoin, finissent par signer deux documents définissant l’un, le cadre d’un traité de paix entre Israël et l’Egypte, et l’autre, le « cadre pour la paix au Proche-Orient ».

Accords arrachés au forceps

La ténacité de Jimmy Carter, la volonté des deux chefs d’Etat concernés de saisir une chance historique qui ne se reproduirait pas, et la peur de voir l’URSS et le front du refus arabe triompher en cas d’échec auront clairement favorisé la signature de ces accords. Arrachés au forceps, les accords de Camp David ont été présentés au monde par le président Carter comme une grande victoire « au-delà de toutes espérances ». Toutefois, certains observateurs n’ont pas manqué de faire remarquer que ces accords comportaient de nombreuses zones floues, ainsi que nombreux malentendus. Toujours est-il qu’un traité de paix en bonne et due forme sera signé entre Israël et l’Egypte le 26 mars 1979, après quelques crises et d’épuisantes manœuvres diplomatiques américaines.

On peut évidemment émettre de nombreuses critiques, et notamment le non-règlement de la question palestinienne, à l’égard de cet accord de paix israélo-égyptien. Il faut néanmoins reconnaitre qu’il a définitivement réglé le contentieux politique entre l’Egypte et Israël qui ont chacun obtenu ce qu’ils souhaitaient : la restitution complète de la péninsule du Sinaï pour l’Egypte, et la reconnaissance officielle par un Etat arabe pour Israël. A l’instar de Kenneth Stein, on peut tirer de nombreuses leçons des accords de Camp David et du traité de paix israélo-égyptien. Quant à savoir s’il s’agit d’un modèle pour le futur accord de paix israélo-palestinien qui tarde de plus en plus à voir le jour, on est en droit d’en douter sérieusement.

Infos et réservations : 02/543.02.70 ou info@cclj.be

]]>