Le mois dernier, l’auteur comique israélien Hanoch Daum a publié sur les réseaux sociaux ce mot réaliste et plein d’humour, écrit par un père à l’instituteur de sa fille pour justifier son retard en classe :
« Bonjour Professeur,
Papa n’est pas Maman.
Papa n’arrive pas à faire en une heure ce que Maman fait en une demi-heure. Pour cette raison, Talia est en retard.
Salutations,
Papa ».
A l’évidence « Papa n’est pas Maman », mais au moins Papa essaie, ce qui n’était pas gagné quand on pense que sa vie est assez rapidement passée de la chasse au yack à une étude du marché des couches, du lait en poudre et à la traque des produits contenant de l’huile de palme. Et si les pères du monde entier courent après un modèle maternel un peu écrasant, parce que plus expérimenté et confiant, les pères juifs quant à eux s’essaient au jonglage avec enclumes en tentant d’imiter les mères juives, archétype du super héros en civil, super pouvoirs inclus.
Comment les mères juives y arrivent-elles en une demi-heure ? C’est parce que leur système est équipé du pilotage automatique. Leur cerveau est câblé de telle manière que préparer les enfants, le petit-déjeuner, les tartines, les boîtes à collation, les sacs de sport ou de natation, vérifier les cahiers, signer les évaluations tout en faisant répéter un exposé n’entrent pas en compétition avec « prendre une douche » ou « se faire un café », comme c’est le cas pour leurs homologues masculins.
Depuis la nuit des temps, le folklore dépeint la mère juive boutonnant le manteau de son enfant, nouant son écharpe autour du cou, lissant de la main le revers de son col et faisant claquer un baiser sonore sur sa joue pouponne avant de le regarder s’éloigner en direction de l’école. Le temps que le père se fasse à l’idée qu’un enfant doit commencer sa journée par enlever son pyjama, c’est d’un fils PDG de 45 ans partant pour le travail qu’il frottera la joue avec son pouce humecté, pour bien nettoyer le shmutz hérité du petit-déjeuner. Ça a son charme, mais face aux délégués syndicaux, ça la fout mal.
En revanche, côté « Veille pour l’avenir & descendance », c’est le père juif qui obtient la médaille de la bravoure. Car si la mère juive se réjouit que le nouveau fiancé de sa fille ne soit ni déjà marié, ni divorcé, et qu’il n’ait pas encore d’enfants, le père juif se demande ce qui peut bien clocher pour que, à 34 ans, ce shmock qui a l’audace de s’intéresser à sa fille ne soit pas encore marié et n’ait toujours pas d’enfants. En fonction de la réponse, il n’aura pas peur de demander « Que font ses parents ? » et « Quel est son numéro de registre national ? » pour effectuer les vérifications qui s’imposent.
Et alors que les parents catholiques considèrent que le fœtus est une personne à part entière dès sa conception, mères et pères juifs sont d’accord sur une chose : la personne reste un fœtus à part entière jusqu’à la fin de ses études universitaires.
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