Le 27 juin 1976, le vol Air France 139 Tel-Aviv-Paris était détourné par quatre terroristes avant de se poser en Ouganda. Le raid israélien d’Entebbe a été renommé « Opération Jonathan » après la mort du lieutenant-colonel Yoni Netanyahou, frère aîné du futur Premier ministre israélien.
Qu’on l’appelle « Opération Tonnerre », sa dénomination originale, ou « Opération Jonathan », du nom de Yoni Netanyahou, frère aîné du Premier ministre israélien, et seul soldat de Tsahal tué dans l’opération, le raid d’Entebbe déclenché dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sera dignement commémoré dans l’Etat hébreu, à l’occasion de son 40e anniversaire. Ce lundi 27 juin, date du détournement du vol Air France 139 Tel-Aviv-Paris par des terroristes du Front populaire de Libération de la Palestine, l’ancien président israélien, Shimon Peres, va donner le coup d’envoi des cérémonies organisées en l’honneur de cet exploit des forces militaires israéliennes.
Celui qui était alors ministre de la Défense et aux manettes de l’opération va en effet recevoir les otages qui étaient enfants lors de la mission, dans l’enceinte du Centre Peres pour la paix, situé à Jaffa. Il sera accompagné de Dalia Rabin, la fille d’Yitzhak Rabin, Premier ministre au moment des faits. « Ceux qui étaient alors âgés de 5 à 13 ans et partaient en vacances avec leurs familles sur ce vol Air France 139 partageront pour la première fois leur vécu d’otages et le récit de leur captivité », explique le bureau de l’ex-Président. Avant de relater le cas de Benny qui était à bord de ce vol pour célébrer sa Bar-Mitzva ou celui plus tragique de Tzipi, âgée de 8 ans et demi à l’époque, et rentrée en Israël sans son père, tué pendant le raid*.
Légendaire par son audace, l’opération Entebbe n’a jamais cessé de marquer les esprits. L’an dernier, la première grande exposition ouverte au grand public jamais consacrée au raid s’était tenue au Centre Yitzhak Rabin de Tel-Aviv, à l’initiative d’Avner Avraham, un ancien agent du Mossad. Elle avait présenté des pièces inédites. Comme par exemple, une lettre manuscrite du chef d’Etat-major de l’armée israélienne, plusieurs jours avant le raid, affirmant qu’il se pourrait bien qu’il soit impossible de libérer les otages.
L’exposition a également présenté la carte dessinée par Ninette Moreno, une canado-israélienne, dont le nom n’a pas été identifié comme juif par les pirates de l’air, qui avait été autorisée à quitter Entebbe, et a pu aider les agents israéliens à localiser où leurs compatriotes étaient détenus. Autre objet révélé au grand public : le gilet de combat porté par le lieutenant-colonel, Yoni Netanyahou, le commandant de l’unité d’élite Sayeret Matkal, qui a été abattu et tué par l’armée ougandaise, alors qu’il dirigeait une équipe de secours israélienne à l’ancien terminal de l’aéroport.
Un voyage qui suscite la polémique
Reste que la célébration de l’évènement n’est pas totalement exempte de critiques. Certains commentateurs estiment ainsi que le prochain voyage en Ouganda de Benjamin Netanyahou, prévu début juillet à l’occasion de cet anniversaire, n’est pas justifié. A l’image de l’éditorialiste du quotidien Haaretz, Uri Misgav, qui a fustigé un « déplacement coûteux » et le « calcul politique » du Premier ministre, lequel serait impatient de mener à son tour une « Opération Benjamin ».
« Le raid sur Entebbe est l’un des coups les plus fabuleux de l’armée israélienne », écrit Uri Misgav, avant de relever que depuis six ans, la commémoration de l’évènement est marquée par un pèlerinage très médiatisé de Benjamin Netanyahou sur la tombe de son frère au Mont Hertz. « L’héroïsme de Yoni Netanyahou est incontestable (…) Pour autant, le souvenir des soldats tombés au front est supposé rester égalitaire et démocratique », pointe le chroniqueur. Avant de conclure : le prochain voyage en Ouganda de Benjamin Netanyahou « ne contribue en rien à la sécurité d’Israël, pas plus qu’il n’aide à résoudre les sérieux problèmes qui préoccupent les Israéliens ».
* Sur 103 otages juifs, trois ont perdu la vie lors de l’opération.
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