La tuerie du Pulse perpétrée par Omar Mateen le 12 juin dernier est la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis. Sa dimension homophobe est incontestable.
D’après le père d’Omar Mateen, c’est en voyant deux hommes s’embrasser dans les rues de Miami qu’il a décidé de passer à l’acte. Cette information surprenante est précisément ce qui constitue le dénominateur commun de la violence homophobe, qu’elle soit chrétienne, musulmane ou juive. Que des hommes ou des femmes de même sexe aient des relations sexuelles est une chose que les homophobes religieux condamnent tous même s’ils sont prêts à tolérer cette « abomination » pour autant qu’elle demeure clandestine et invisible. Mais que des homosexuels ou des lesbiennes se promènent en rue « comme tout le monde », et que leur mode de vie soit normalisé et accepté socialement, est une chose insupportable qui rend les homophobes violents.
A cet égard, une déclaration publique du prédicateur musulman Tariq Ramadan faite en décembre 2015 nous éclaire sur le refus obsessionnel de la normalisation de l’homosexualité de la part des religieux : « Dans tout l’occident, il y a une volonté de normaliser l’homosexualité dans l’enseignement du fait que c’est un comportement normal ». Et Tariq Ramadan de rappeler aux jeunes musulmans d’Occident : « On ne peut pas normaliser ça». Au moins cette fois-ci, son discours ne souffre d’aucune ambiguïté. Si Tariq Ramadan n’éructe pas des appels au djihad, ce prédicateur conservateur et puritain exhorte sans cesse les jeunes musulmans à considérer la norme religieuse comme supérieure à la loi des hommes. Une manière comme une autre de faire le nid de l’extrémisme religieux.
Nous aurions tort de croire que seul l’islam soit emporté par l’homophobie. Au sein de l’Eglise catholique, des membres éminents du Clergé n’ont rien à envier aux islamistes. Comparant l’homosexualité à l’anorexie sur le plateau de Controverse (RTL-TVI), l’ancien primat de Belgique, l’archevêque André Léonard considère encore cette orientation sexuelle comme une maladie. C’est probablement la raison pour laquelle il a également déclaré que le mariage des homosexuels est « une connerie ».
Au sein du judaïsme, le courant orthodoxe n’est pas en reste. Le 3 juin dernier, sur les ondes d’une radio juive de France, Radio J, l’ancien grand rabbin de France, Joseph Sitruk, s’est lancé dans une diatribe haineuse contre les festivités de la Gay Pride organisée du 29 mai au 4 juin 2016 à Tel-Aviv. « Par cette manifestation, Israël se trouve rabaissée au rang le plus vil. Je n’hésite pas à qualifier cette initiative de tentative d’extermination morale du peuple d’Israël », a déclaré Joseph Sitruk. Après avoir rappelé que « La Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité », l’ancien grand rabbin de France a ponctué sa chronique par une véritable incitation à la haine : « J’espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination » ! Réagir de façon radicale, c’est vague comme formulation diront certains pour exonérer ce rabbin. Mais en qualifiant d’abomination la Gay Pride, le rabbin Sitruk sait pertinemment que la sanction de l’abomination, c’est la mort. La maladie qui le ronge aujourd’hui est évidemment regrettable mais elle ne l’autorise en rien de lancer des appels au meurtre qui sont hélas souvent suivis d’actes. Ainsi, en juillet 2015, un Juif ultra-orthodoxe a poignardé six participants durant la Gay Pride de Jérusalem.
Personne ne demande aux autorités religieuses d’inscrire l’homosexualité comme règle de conduite à adopter ou à promouvoir. Elles doivent en revanche désapprouver sans réserve l’homophobie car leurs condamnations virulentes de l’homosexualité sont prises à la lettre par de nombreux fidèles qui n’hésitent pas un instant à accomplir leurs injonctions religieuses sans songer un instant au commandement divin : « Tu ne tueras point ».
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