Pour le politologue et écrivain Cengiz Aktar, avec le coup d’Etat militaire manqué, la Turquie a tourné pour longtemps la page de la démocratie.
Alors que la tentative de coup militaire est définitivement matée en Turquie, le politologue et écrivain Cengiz Aktar dénonce la chasse aux sorcières menée par le régime du président Erdogan et s’inquiète pour l’avenir de son pays destiné, redoute-t-il, à vivre sous un joug de plus en plus fort.
Que s’est-il réellement passé en Turquie ces derniers jours? Beaucoup d’interrogations demeurent…
Il est clair qu’il y avait des velléités interventionnistes des militaires. Mais dans quelle mesure ont-ils été manipulés par tel ou tel – je ne pense pas du tout à une force étrangère mais bel et bien de l’intérieur – je n’en sais rien. À vrai dire je pense qu’on ne le saura sans doute jamais.
Ce que nous savons par expérience, c’est que l’armée turque a une riche expérience des coups d’Etat et qu’il ne les rate pas comme ça. Sont-ils vraiment des incapables pour échouer de la sorte ? Pourquoi ne se sont-ils pas dirigés vers la tête du pouvoir mais, au lieu de cela, sont allés lire un texte à la radio, ont bloqué les axes routiers etc… Ils n’ont pas touché, non plus, à la presse pro-Erdogan… Tout cela est étrange. Il y a beaucoup de points d’interrogation quant au modus operandi de ces hommes.
Mais la Turquie est aujourd’hui un pays opaque, le mot transparence a été enterré depuis belle lurette, et je ne pense pas que nous en saurons vraiment plus un jour.
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