Menachem Prinz « Quand l’art devient sensible »

Du 14 septembre au 27 octobre 2016, l’artiste israélien Menachem Prinz exposera ses toiles au CCLJ. Une explosion de couleurs et de sentiments pour un peintre qui a choisi de suivre ses humeurs et autant de styles. Une exposition pour faire le plein d’énergie dès la rentrée.

« Je n’ai aucune limite dans mon art, je ne veux donc pas me cloisonner à un style », souligne d’emblée Menachem Prinz, depuis son appartement ucclois où il a aménagé l’un de ses ateliers. « Je souhaite rester ouvert à tous mes sentiments, parce que chaque jour, je peux me sentir différent… »

Originaire de Haïfa, Menachem Prinz peint depuis sa plus tendre enfance. Une enfance qu’il a passée dès l’âge de 6 ans dans les expositions et galeries d’art que fréquentait sa mère, elle-même passionnée de peinture. « Mon académie, c’était ma mère », se plait à affirmer celui qui deviendra technicien dentaire, gardant longtemps la peinture comme hobby.

Après 25 ans passés en Hollande, Menachem Prinz se décide enfin à faire de la peinture sa principale activité. Il participe à plusieurs expositions, en 2014 au Centre culturel d’Uccle, dans quelques expos privées également, peint parfois sur commande. Ses toiles passent sans difficultés du figuratif à l’abstrait, du surréalisme de Dali qu’il apprécie depuis l’âge de 20 ans, aux peintres réalistes tels Vermeer, Van Eyck, mais aussi aux peintres modernes et aux expressionnistes. Ce sont incontestablement ces influences multiples qui caractérisent le style de cet artiste qui se refuse à en avoir. Le rendu est riche, coloré, parfois joyeux, parfois plus sombre, à la hauteur de ses humeurs. « On doit être libre dans l’art, et j’ai choisi de me donner cette liberté », confie-t-il.

« Mon identité est universelle »

Sur des toiles aux formats variables, Menachem Prinz rend compte de ses impressions, influencé par le temps, les gens, les voyages, les musiques (classique, africaine, israélienne…), les vues auxquelles il a pu faire face, telle cette vallée inondée en Turquie, ces buildings plus récents, enchevêtrement de turquoise, d’ocre et de rouge, qu’il imagine à New York sans pour autant donner de titre à sa toile, ou encore cette interprétation de Berechit (la Genèse) exposée sur deux tableaux. Des couleurs fortes, des aplats, des ajouts de matières aussi, donnant à la toile une nouvelle texture, parfois plusieurs dimensions. Impressionnante cette œuvre aux couleurs savanes, sur laquelle quatre personnages paraissent se soutenir, réalisée pour Yom HaShoah. « Je prends des choses de chaque endroit que je vois, chaque personne m’intéresse pour ce qu’elle est, non pour sa couleur de peau ou sa religion », précise Menachem Prinz. « Suis-je moi-même israélien ? Hollandais ? Allemand ? », interroge celui qui a passé deux années aussi à Berlin. « J’ai un lien très fort avec Israël et la culture juive, mais j’ai beaucoup voyagé et je me considère comme un citoyen du monde. Mon identité est universelle ».

Vous voyagerez probablement aussi en venant apprécier ses toiles, des ruelles revisitées de Naples, au port de Haïfa. Un monde de couleurs et d’émotions, subtilement saisi par Menachem Prinz.

Le vernissage aura lieu le mercredi 14 septembre 2016 à 19h au CCLJ. L’expo est accessible jusqu’au 27 octobre 2016. Plus d’infos : 02/543.01.01 ou info@cclj.be

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