Marc Filipson lance le Prix Filigranes !

Curieusement il n’existait pas encore, le voici à présent réalité. Le premier Prix Filigranes a été attribué au roman Le dernier des nôtres (éd. Grasset) et sera remis à son auteure Adélaïde de Clermont-Tonnerre le mercredi 21 septembre 2016 à 18h à la librairie Filigranes. Entretien avec Marc Filipson.

Pourquoi un Prix Filigranes et pourquoi seulement maintenant ?

Marc Filipson Cela fait des années en réalité que je souhaite créer ce prix, mais à chaque fois, toutes les bonnes conditions n’étaient pas réunies pour le faire. Il y a pour la prochaine rentrée littéraire une profusion d’excellents romans. Nous avons jugé que c’était le bon moment.

En quoi ce Prix est-il différent des Prix déjà existants ?

MF On me critique souvent en disant que je suis uniquement un commerçant, et c’est vrai que pour tenir, il faut vendre. Mais j’ai avant tout et depuis toujours la passion du livre, une passion que j’essaie de transmettre. Mon objectif premier en tant que libraire est de rendre la lecture et la littérature accessibles à tous. Je voulais avec ce Prix rendre ses lettres de noblesse à une littérature qui donne envie de se documenter, de lire d’autres livres.

Comment est désigné le lauréat et que remporte-t-il ?

MF Le Prix a été choisi dans la masse de livres et d’épreuves en langue française qui sortiront jusque octobre, après une présélection de 14 titres, nous étions obligés de nous limiter. Pour cette première édition, nous avons décidé de prendre comme jury tous les libraires des librairies Filigranes (Corman by Filigranes-Knokke, Corner, Petit Filigranes et Filigranes) qui sont des lecteurs passionnés, auxquels se sont joints cinq lecteurs ING qui est notre partenaire et nous permet de doter notre Prix d’un chèque de 5.000 €, en plus d’un chèque voyage et de nombreux cadeaux offerts par nos collaborateurs (lunettes, savons, vins…). Nous comptons l’an prochain sur la participation d’amis écrivains, David Foenkinos, Franz-Olivier Giesbert, des hommes et des femmes bien sûr. Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, qui est un très bon lecteur devrait aussi nous rejoindre. Avec la force que Filigranes représente aujourd’hui, notre lauréat devrait passer le cap des 10.000 exemplaires vendus. On sait que je n’hésite jamais à enfoncer les portes.

Quelles sont les qualités du livre Le dernier des nôtres d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui remporte le Prix Filigranes 2016 ?

MF Les 14 livres qui font partie de notre présélection sont des livres qui ouvrent les portes de la littérature à des gens qui ne lisaient pas. Le dernier des nôtres a fait l’unanimité du jury pour d’innombrables qualités, sa densité, ses références historiques, sa construction rythmée et efficace, en plus d’être un véritable « page turner ». Personnellement, je l’ai lu sur une après-midi ! L’auteure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, qui est la directrice de rédaction de Point de Vue, et a écrit un premier roman Fourrure (Stock) en 2010, s’est dit particulièrement touchée et honorée de se voir attribuer ce prix. Elle viendra pour une séance de dédicaces le 21 septembre de 12h30 à 14h30, avant la remise du prix à 18h.

Le pitch C’est l’histoire de Werner, un jeune homme d’une trentaine d’années, dragueur et superficiel, vivant dans le New York de la fin des années 60, celui d’Andy Warhol et tant d’autres, de l’effervescence artistique et immobilière. Pour la première fois, il tombe véritablement amoureux de Rebecca, une artiste. Mais lorsqu’il est présenté à la famille de celle-ci, c’est la rupture totale sans qu’il ne comprenne pourquoi. Par amour pour Rebecca, Werner va entrer dans une véritable introspection, avec deux maigres informations pour point de départ : sa naissance en 1945 et son adoption. On apprendra lors de sa quête comment les Américains, préparant la Guerre froide, ont exfiltré leurs cerveaux, et notamment l’équipe du professeur von Braun, l’inventeur des V2, premiers missiles de l’histoire… Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous emmène à travers les continents, avec moult rebondissements, et un Werner à qui l’on pardonne tout, ou presque. Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le denier des nôtres, Grasset, 496 p.
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