A bientôt cinq ans, Jewpop fait appel aux internautes amateurs d’actu et d’humour décalé pour se professionnaliser. Tel est en effet l’objectif de sa campagne de crowdfunding lancée sur Ulule, comme nous l’explique son fondateur Alain Granat. Interview.
Je voulais créer il y a cinq ans un média francophone qui s’adresse aux jeunes Juifs. Rien ne correspondait à l’époque à quelque chose d’alternatif qui sorte des médias traditionnels en traitant de sujets liés au monde juif, à la culture juive, mais sur un ton différent, celui que nous avons choisi, celui de l’humour. Il y a eu bien sûr une évolution, pour aborder ensuite des sujets plus politiques et sociétaux : nous avons traité du guet, des élections au Consistoire… Nous ne nous interdisons aucun sujet polémique. Nous sommes en quelque sorte « le poil à gratter » de la communauté juive.
Qui sont les chroniqueurs et journalistes de Jewpop ?
Ils sont une douzaine de collaborateurs âgés de 25 à 40 ans pour la plupart et viennent d’horizons très différents. Ils sont principalement basés en France, mais aussi à Tel-Aviv, Jérusalem, Londres et même Montréal ou New York. Ils sont très divers dans leur façon de vivre leur judaïsme, ils sont orthodoxes, libéraux ou laïques. C’est ce qui apporte toute la richesse au traitement de l’information et qui correspond à notre lectorat. En tant que rédacteur en chef, je supervise leur travail, mais ils restent tout à fait libres. Pour beaucoup d’entre eux qui travaillent en dehors, Jewpop est un peu leur récréation, ils peuvent y exprimer des choses qu’ils ne pourraient pas dire ailleurs.
Et ils sont surtout bénévoles ?
Absolument, oui. Nous avons la chance jusqu’ici d’avoir pu compter sur des contributeurs fidèles qui ont accepté de travailler bénévolement. Une partie des fonds que nous récoltons va d’ailleurs servir à les rémunérer. Notre objectif est de professionnaliser notre équipe et notre travail, pour pouvoir publier des articles de façon plus régulière, sans devoir dépendre forcément de la disponibilité de nos journalistes. Nous voulons aussi mettre notre site à jour, en nous adaptant notamment aux nouveaux formats mobiles et autres, avec la possibilité de diversifier nos contenus, grâce à des productions audio et vidéo. Tout cela a un coût, raison pour laquelle nous avons lancé ce crowdfunding.
Certains de vos contributeurs sont devenus célèbres, comme Sefwoman. Probablement parce que votre plaisir d’écrire est contagieux. Pourquoi certains vous considèrent-ils comme le « Playboy juif » ?
Sur les 1.500 articles environ que nous avons publiés jusqu’à présent, 40 seulement font partie de la rubrique « Charme », mais il semble que cela ait marqué, en effet ! En réalité, on peut trouver sur notre site toutes sortes de sujets : de la littérature, du cinéma, plus traditionnels, aux plus polémiques, avec aussi de l’histoire, de la philo, des séries TV israéliennes, toujours traités sur un ton différent, peut-être plus léger. Les gens veulent entendre parler d’autre chose que du conflit israélo-palestinien, de l’antisémitisme, et paraissent très contents que nous ayons choisi cette autre voie.
Pas simple de demander de l’argent… Comment vous y êtes-vous pris ?
Sur le ton de l’humour, encore une fois. On ne voulait pas donner l’impression de venir pleurnicher chez les gens, alors nous avons réalisé une campagne de collecte d’argent, mais drôle, en nous moquant de nous, en jouant sur les clichés, comme nous avons l’habitude de le faire. Une campagne qui parle aux Juifs comme aux non-Juifs d’ailleurs, qui apprécient que les Juifs rient d’eux-mêmes. Enrico Macias nous a fait un cadeau en acceptant volontiers d’y participer. Sa vidéo a déjà été vue plus de 15.000 fois ! Sur les 40 jours de campagne, il nous reste 11 jours. Nous sommes à 13.500 €, encore un petit effort et nous arriverons aux 15.000 que nous nous sommes fixés ! On compte évidemment sur vous !
Vous voulez participer à la campagne de Jewpop : https://fr.ulule.com/site-jewpop/
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