Voyage du CCLJ à Vienne : le Congrès s’amuse

Tout le monde a gardé en mémoire le célèbre Congrès de Vienne de 1815 qui a défini les nouveaux contours de lEurope. Mais qui se souviendra, dans deux siècles, du Sommet de Vienne consacré à la crise migratoire organisé par le Chancelier autrichien le 24 septembre 2016 ? Personne, car cet événement a été totalement éclipsé par la présence, ce week-end-là, à Vienne, dun groupe de 30 amis du CCLJ. Retour sur ce voyage de loisirs et de découverte historique.

On peut dire que l’histoire de l’Europe aura été constamment présente lors du voyage organisé par le CCLJ du 22 au 26 septembre 2016. Un voyage qui a abordé à la fois la présence à Vienne de Juifs depuis le Moyen-Age, la dynastie des Habsbourg, Mozart et la naissance de la psychanalyse, sans compter la peinture et la culture, omniprésentes dans cette capitale de près de 2 millions d’habitants, d’un pays qui n’en compte que 8,5 aujourd’hui. De nos jours, Autriche-Hongrie est plus une affiche de match de football que l’évocation d’un empire disparu…

Mais c’est bien la capitale de l’ex-empire austro-hongrois qui a accueilli le groupe du CCLJ, attentif aux explications de Monika, notre guide cosmopolite hispano-néerlando-autrichienne. Après avoir fait le tour du Ring (pas le R0 ni le R1) qui abrite les principaux monuments érigés sous l’empereur François-Joseph (le mari de Sissi), les premiers pas nous ont conduits vers la maison de Mozart, le génie de la musique du 18e siècle. Puis, ce fut la découverte du quartier juif. Et notamment du siège de la communauté israélite de Vienne qui compte aujourd’hui quelque 8.000 membres inscrits, sur une population totale juive estimée entre 12 et 15.000 âmes, principalement originaires des pays de l’ex-bloc soviétique.

Alors qu’après l’Edit de tolérance de 1782, cette communauté florissait, pour culminer à environ 182.000 membres en 1938, au moment de l’Anschluss, 65.000 d’entre elles périrent dans les camps de concentration nazis et bien peu de survivants retournèrent en Autriche après la guerre, s’étant établis dans le reste de l’Europe, en Amérique et en URSS principalement. La visite de la principale synagogue de Vienne, après la destruction d’une centaine d’autres lors de la Nuit de Cristal, fut particulièrement émouvante. Le secrétaire général de la communauté et une guide austro-israélienne nous ont éclairés sur le parcours de cette communauté à travers les âges ; ses grands hommes -Martin Buber, Arnold Schoenberg, Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Gustav Mahler, Ludwig Wittgenstein, sans oublier Sigmund Freud- et son apport à la société autrichienne d’aujourd’hui, notamment à l’accueil des migrants.

Les deux musées juifs de Vienne nous ont également montré nombre de témoignages de la présence d’anciennes synagogues, dont l’une sur la Judenplatz, où a été érigé un monument impressionnant à la mémoire des déportés, en forme de bibliothèque inversée, les 65.000 livres étant tournés vers l’intérieur, représentant les disparus de la Shoah en Autriche.

Sacher torte et Apfelstrudel

Mais Vienne c’est aussi, une fois le « Sacher Torte » et le « Apfelstrudel »  ingurgités, la ville de la culture avec ses prestigieux musées dédiés aux artistes de la Sécession -Gustav Klimt, Egon Schiele, Oskar Kokoschka- et à ceux, moins connus, qui ont  représenté les grands hommes et femmes de ce prestigieux empire, que ce soit au château de Schönbrunn ou au Hofburg. Jusqu’à s’émerveiller devant l’exposition de l’artiste chinois dissident Aï Aï Wei Wei des signes du zodiaque chinois devant le château du Belvédère, autour de l’étang recouvert de gilets de sauvetage, illustrant la détresse des migrants en Méditerranée. 

Berggasse et Statsoper

Un grand moment fut également la découverte de la maison de Sigmund Freud, au 19 de la célèbre « Berggasse ». S’il était frustrant de ne pas pouvoir contempler le célèbre divan de l’inventeur de la psychanalyse, l’ayant accompagné à Hampstead suite à son exil à Londres, cette frustration fut magnifiquement surmontée grâce à l’exposé magistral et convivial d’Isy Pelc sur les rapports de Freud avec le judaïsme.

Si les soirées ont été consacrées à des moments de convivialité entre les 30 participants à ce voyage, en célébrant notamment quelques anniversaires, d’autres soirées furent consacrées à la culture viennoise, que ce soit l’opéra, le ballet ou les concerts dans des salles prestigieuses : le « Staatstoper », la « Musikverein » ou le « Theater an der Wien ».

Juste avant de reprendre l’avion, le groupe a pu arpenter les allées du cimetière juif d’avant 1938, où des tombes vieilles de plusieurs siècles abritent des grands noms de la communauté juive de Vienne.

Et le 4 décembre…

Une dernière image nous a interpellés aux abords de l’aéroport : l’affiche de la campagne électorale de Norbert Hofer, membre du parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) et candidat à la nouvelle élection présidentielle du 4 décembre : deviendra-t-il le premier président d’extrême droite de l’Europe de l’après-guerre et, question plus fondamentale, est-ce bon ou est-ce mauvais pour nous ? 

Un énorme merci à Selma Szwarcman et à Menia Goldstein qui ont organisé ce voyage de main de maître, et à Monika, qui a grandement enrichi notre connaissance de Vienne et de l’Autriche.

]]>