Comme entreprise de délégitimation d’Israël, on ne peut faire mieux. Il suffit d’assimiler l’Etat d’Israël au régime d’apartheid et le présenter comme le modèle de l’extrême droite européenne. Voilà le type de conférence que le cercle BDS de l’ULB organise ce mercredi 26 octobre sur le campus de cette même université.
« L’apartheid israélien, un modèle pour l’extrême droite européenne ? ». C’est une question évidemment, répondront les responsables du cercle BDS à ceux qui leur feront remarquer qu’ils mettent la charrue avant les bœufs. Ils ont pris soin de ponctuer ce titre par un point d’interrogation, car ils appliquent le principe de libre examen cher à l’ULB, n’est-ce pas ?
Vu la question posée, on comprend rapidement quelle sera la réponse que le cercle BDS apportera. On ose à peine imaginer le sort réservé à ceux qui feront remarquer que l’ancrage solide de l’antisémitisme au sein de l’extrême droite européenne rend ce type de relation très compliquée, voire impossible.
S’il est vrai que l’extrême droite européenne souhaite aujourd’hui montrer qu’elle est présentable, l’adhésion des Juifs d’Europe est précieuse dans cette entreprise de dédiabolisation. C’est généralement présenté comme le choix stratégique de Marine Le Pen en France.
En apparence. Car il suffit de gratter un peu ce vernis pseudo philosémite pour comprendre que sa garde rapprochée est toujours composée d’antisémites purs et durs comme Frédéric Chatillon, son responsable communication. Spécialiste des liens avec l’extrême droite européenne néofasciste, ce grand propagandiste défendant avec acharnement le régime D’Assad en Syrie a toujours prôné un antisionisme radical. La société de communication de Chatillon, Riwal, possède d’ailleurs toujours une succursale à Damas où il se rend fréquemment !
Ce n’est pas parce que l’extrême droite européenne incite à la haine des populations arabo-musulmanes d’Europe qu’elle va soudain se transformer en amie d’Israël parce que ce pays est en conflit avec des Etats arabes ou qu’il occupe militairement la Cisjordanie palestinienne.
Et puisque BDS parle « d’apartheid israélien », ce dernier décevrait énormément l’extrême droite européenne qui serait amenée à considérer les autorités israéliennes comme des tièdes ou des mauviettes : plus d’un million sept cent mille arabes (citoyens palestiniens d’Israël) vivent en Israël dans les frontières de 1967. Ils jouissent des mêmes droits individuels et politiques que leurs concitoyens juifs, les signes religieux (dont le voile islamique) sont autorisés dans les écoles, les universités et les administrations, les femmes voilées peuvent même se baigner en burkini à la plage de Tel-Aviv sans qu’un policier ne vienne les verbaliser, etc. En matière d’apartheid, c’est faiblard !
Les Arabes israéliens, et notamment les musulmans (plus de 90%), sont non seulement visibles mais ne sont pas soumis à une politique d’apartheid. On voit donc difficilement quelle source d’inspiration en la matière l’extrême droite européenne peut puiser en Israël.
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