A la chasse des derniers membres des Einsatzgruppe

A la demande de notre ami Johannes Blum, « Mensch de l’année 2016 », nous relayons cette pétition émanant d’un groupe de voyageurs allemands très attentifs aux dernières traces des nazis encore en vie. N’hésitez pas à la soutenir et à la partager.

Nous, groupe de voyage de Wuppertal, Dortmund et Witten, nous nous adressons aujourd’hui à l’opinion publique et à la Justice allemande, depuis la ville ukrainienne de Dnipropetrowsk. 

Les meurtres de masse du Einsatzgruppe C à Babi Jar/Kiev et à Dnipropetrowsk sont au coeur de notre voyage. A Dnipropetrowsk aussi, quelque 12.000 Juifs furent rassemblés et assassinés par les Einsatzkommandos, par la police et par les supplétifs ukrainiens. Parmi les assassins des Einsatzgruppe se trouvaient au moins 13 policiers et membres de la SS du Bergische Land.

Le 12 novembre avait lieu le 75e anniversaire, presque oublié, de l’assassinat de 800 internés de l’institut psychiatrique ukrainien d’Igrin par le Einsatzkommando 6 du Einsatzgruppe C.

Nous serons lundi au monument d’Igrin (qui fait aujourd’hui partie de Dnipropetrowsk) à nous souvenir des victimes, et nous associerons à cette commémoration l’exigence d’assigner enfin en justice tous les participants encore en vie des Einsatzgruppe, pour assassinat ou complicité d’assassinat.

En octobre 2014 déjà, Efraim Zuroff, du Centre Simon Wiesenthal, avait transmis au Ministère de la Justice 80 noms de participants des Einsatzgruppe et invité la Justice allemande à retrouver les acteurs et à les traduire devant un tribunal pour assassinat ou complicité d’assassinat.

Quelque 3000 fonctionnaires de la police criminelle et de la Gestapo, appartenant à la SS et Waffen SS, et policiers, furent en fonction  à partir du 20 juin 1941 au titre des Einsatzgruppe A, B, C et D, et suivirent les troupes de l’armée et la Waffen SS. Selon les propres déclarations des assassins, ces hommes, en tant que troupe mobile de tueurs, assassinèrent au moins 500.000 Juifs, membres de l’armée rouge, communistes, Sinti et Roms, et patients d’instituts psychiatriques, par fusillades de masse et gazages en camions.

En arrière-fond à la présente requête, il y a la nouvelle notion juridique issue du jugement Demjuk, laquelle, actuellement, a conduit déjà  à la condamnation du surveillant SS RH affecté à Auschwitz, et à une nouvelle instruction concernant les meurtres SS à Majdanek et au Stutthof, entre autres ; elle rend également possibles une nouvelle poursuite et la condamnation d’assassins de masse issus des Einsatzgruppe et des unités de policiers. Dès lors on peut rechercher ceux qui, encore en vie, sont soupçonnés de tels actes.

Les Einsatzgruppe appartiennent à ces unités qui furent constituées dans le seul but  de commettre des assassinats. Il s’ensuit que ceux qui y participaient pourraient être condamnés pour complicité d’assassinat, même si ne peut leur être imputée une participation directe à une action concrètement définie.

Depuis mai 2016, nous savons, par un article du journal britannique Telegraph, que le siège central de Ludwisburg, a établi, après vérification de la liste du centre SW, que 8 participants à des Einsatzgruppe sont encore en vie. Aucune instruction à l’encontre de ces huit, cependant, n’a encore été ouverte. Cela doit changer au plus tôt !

Nous exigeons l’ouverture immédiate d’une instruction à l’encontre des huit suspects et, conséquemment, l’extension des moyens d’investigation judiciaire à toutes les archives et à tous les dossiers de police.

Particulièrement, aux derniers documents conservés au sujet d’actions personnelles de la part de policiers encore en vie qui furent impliqués à l’époque nazie.

En particulier, comme le prouve le cas du fonctionnaire de la police criminelle WO de Wuppertal, l’extension des moyens d’investigation aux époques d’activité dans des Einsatzgruppe, bien documentées en ce qui concerne les actions personnelles, qui sont centrales pour une poursuite pénale.

En outre, à partir de là, on trouvera des ordres de détachement auprès des Einsatzgruppe et des listes d’autres participants à des Einsatzgruppe.

Nous demandons l’ouverture d’une instruction à l’encontre des participants à des Einsatzgruppe, et la publication complète des actions personnelles des policiers en charge sous le nazisme.

Nous vous demandons de soutenir et de relayer cet appel.

Veuillez adresser votre signature (nom, prénom, lieu et date) à : info@wuppertaler-widerstand.de Initiateurs

Lieselotte Bhatia
Stephan Stracke Plus d’infos : www.wuppertaler-widerstand.de

Premiers signataires
-Beate Klarsfeld, Paris
-Prof. Dr. Heinz Sünker,Rudolf-Carnap-Senior-Research-Professeur, université de Wuppertal (Allemagne)

Aujourd’hui, 28 novembre 2016, le Tribunal Fédéral a confirmé le jugement rendu à l’encontre du SS OG sous le chef de complicité d’assassinat / meurtre [il faut choisir en fonction du jugement: en droit français, l’assassinat est un meurtre avec préméditation]. Ainsi, la voie est libre pour appeler, le plus tôt possible, à répondre de leurs actes les acteurs encore  en vie des quatre Einsatzgruppe.

Notre lettre ouverte a reçu actuellement l’appui de soixante personnalités du pays et de l’étranger, parmi lesquelles des survivants de la Shoah et des résistants de Belgique, de Lituanie, d’Israël et d’Allemagne.

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