Les olim de France au miroir de la société israélienne

Un sondage national commandé par la nouvelle association Dialogia scrute la perception que les Israéliens de souche ont des nouveaux immigrants français. Une image plutôt négative, même si un grand nombre des sondés ne savent pas se prononcer…

Le nombre de Juifs de France ayant décidé de s’établir en Israël a beau avoir affiché un net recul en 2016, on parle toujours autant de l’alya tricolore, dans l’Hexagone comme dans l’Etat hébreu. Dernier exemple en date : l’initiative de l’association Dialogia, fondée par le sociologue français Shmuel Trigano, professeur émérite à l’Université de Paris-Nanterre. A l’occasion de sa conférence inaugurale qui se déroulera ce dimanche 22 janvier à Tel-Aviv*, cette nouvelle structure propose de réfléchir à la nature de l’intégration des Juifs de France en Israël dans une société israélienne elle-même traversée par de nombreux clivages.

Pour ce faire, Dialogia a commandé une enquête d’opinion nationale qui renseigne sur l’image que les Israéliens de souche (ou vétérans) se font des nouveaux immigrants d’origine française. Les résultats de ce sondage réalisé par le centre Rushinek auprès d’un échantillon de 517 personnes âgées de 18 à 65 ans habitant Israël depuis au moins dix ans laissent à penser que les « olim » originaires de France souffrent d’une perception plutôt négative dans la société israélienne. « Les qualificatifs auxquels sont spontanément associés les immigrants de France ne sont guère flatteurs, voire choquants », notent les instigateurs de l’enquête, relevant toutefois qu’un pourcentage non négligeable de sondés ne savent pas se prononcer, « ce qui révèle aussi que l’Israélien moyen connait mal cette population ».

Premier enseignement : 81% des personnes interrogées estiment que l’arrivée des Juifs de France résulte de la fuite de l’antisémitisme et non d’un « choix libre ». Pour seulement un Israélien sur dix, les olim français ont émigré « par sionisme », c’est-à-dire par engagement positif. Par ailleurs, le premier mot auquel 16% des personnes interrogées associent le public francophone est « riche », et une partie des sondés incriminent les « Français » de la hausse des prix de l’immobilier, reflet de la crise du logement que connaît Israël, en particulier dans la région Centre. En outre, 22% des sondés associent les olim français aux mots de « gueulards » ou de « culottés ».

Enfin, aux yeux d’une majorité des Israéliens interrogés, les olim de France sont « religieux » (à 53%) et « de droite » (à 63%). D’une façon générale, « les Israéliens religieux affichant des revenus moyens et n’habitant pas dans la région de Tel-Aviv ont le profil le plus favorable à l’accueil des Juifs de France », relèvent encore les initiateurs de l’étude.

Autre chiffre intéressant et en revanche plutôt flatteur, 47% des personnes interrogées estiment que d’ici trois ans, les nouveaux immigrants de France seront intégrés à la société israélienne. Tandis que 58% des sondés pensent que l’alya de France va contribuer à l’élévation du niveau intellectuel du pays. Un point positif sur lequel veut précisément se concentrer la nouvelle association Dialogia, dont l’ambition est de « construire un pont intellectuel entre l’alya de France et la société israélienne ».

* Le programme complet du colloque du 22 janvier intitulé « L’alya à l’épreuve d’une société divisée », et qui se déroulera notamment en présence des écrivains A.B. Yehoshua et Erez Biton, est disponible sur http://dialogia.co.il/wp-content/uploads/2017/01/Programme-conf%C3%A9ren…

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