Charles Michel « Nous avons la légitimité pour parler franc »

Dans le cadre de son voyage en Israël et dans les territoires palestiniens organisé du 5 au 8 février 2017, le Premier ministre belge Charles Michel a rencontré ce lundi le président israélien Reuven Rivlin. Un dialogue sincère et lucide entre les deux hommes qui se permettent de se dire les choses grâce aux « bonnes relations qui ont toujours prévalu entre les deux pays ».

On peut parler d’une poignée de main chaleureuse ce lundi matin entre le Président israélien Reuven Rivlin et le Premier ministre belge Charles Michel qui était reçu à la résidence présidentielle de Jérusalem, accompagné d’une délégation parlementaire composée de six membres issus de la majorité et de l’opposition, dont Wouter Beke, président du CD&V, le sénateur Jacques Brotchi, et le chef de groupe NVA à la Chambre Peter De Roover.

Au programme de la mission : rencontres politiques avec le Président et le Premier ministre israélien, ainsi qu’avec son homologue palestinien Rami Hamdallah,rencontre de Belges vivant en Israël dont de jeunes Belges ayant récemment fait leur alyah, rencontre avec des investisseurs et visite de projets soutenus par la Coopération belge dans les Territoires.

Le Président Rivlin a d’abord remercié le Premier ministre belge d’avoir porté plus d’attention à la question de l’antisémitisme et au fait que le souvenir de la Shoah concernait tout le monde, avant d’en venir au phénomène Daesh « désormais généralisé », et au « terrorisme mondial ». « Comme vous me l’aviez dit lors de ma dernière visite en Belgique, ce qui se passe dans un coin du monde a aujourd’hui des répercussions dans le monde entier », a rappelé le Président israélien. « Le fardeau de la sécurité, nous le portons aussi avec la Belgique et avec toute l’Europe. Nous sommes d’ailleurs à la disposition de tout le monde libre pour partager notre savoir-faire dans ce combat ».

Après avoir dit apprécier les efforts de la Belgique dans le renforcement des relations entre les deux pays, aussi bien diplomatiques qu’économiques, le Président israélien a également confié vouloir restaurer une confiance mutuelle avec les Palestiniens pour revenir à des négociations directes. Il a encore salué la composition de la délégation belge, « représentative d’une démocratie ».

Charles Michel a pour sa part réitéré son intérêt pour les bonnes relations bilatérales entretenues entre les deux pays et sa volonté de renforcer la coopération sécuritaire, commerciale, mais aussi en matière de développement technologique et digital, Israël étant passé maitre des star-up. « Nous sommes convaincus que les questions de sécurité et de stabilité sont fondamentales, que la bataille pour la sécurité est une bataille pour les libertés et la démocratie. Nous devons d’autant plus nous engager sérieusement face à la menace terroriste en Europe », a-t-il poursuivi, en rappelant les deux visites en 2016 du ministre belge de l’Intérieur Jan Jambon. 

Alors que la Knesset s’apprête à prendre ce lundi soir une décision qui pourrait légaliser la colonisation et raviver les tensions, le Premier belge en a profité pour rappeler l’influence de la région sur la stabilité du monde : « Nous avons toujours soutenu la reconnaissance d’Israël partout dans le monde », a-t-il déclaré, « tout en confirmant que la colonisation n’est pas conforme au droit international. Elle constitue un obstacle au processus de paix ». Et de nous confier après sa rencontre : « L’Europe est le principal partenaire commercial avec Israël et le premier bailleur palestinien, nous avons donc la légitimité pour parler franc. C’est parce que nous avons une relation forte avec Israël que nous pouvons aussi partager nos divergences ».

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