Le Centre communautaire laïc juif David Susskind (CCLJ) a décidé de se retirer du conseil d’administration (CA) du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX). Le CCLJ avait rejoint le CA dans le cadre d’un projet d’ouverture à des organisations partageant les valeurs de l’association.
Outre le CCLJ, avaient été sollicités les syndicats socialiste (FGTB), chrétien (CSC), libéral (CGSLB) et le Mouvement réformateur (MR). Ainsi se profilait un possible redéploiement du MRAX sur les fondements de l’action antiraciste. Tous ces partenaires ont jeté l’éponge. Les impasses du MRAX proviennent de son CA et de son assemblée générale, majoritairement confisqués par une coalition d’intérêts particuliers, déloyaux et sectaires. Le MRAX se débat toujours avec ses vieux démons. Ils stérilisent son action, et cela malgré les compétences professionnelles de son équipe de salariés.
Rappelons ce qui, pour le CCLJ, constitue le socle de l’action antiraciste. Action civique, démocratique et humaniste, elle concerne la société tout entière. Ses enjeux interpellent l’ensemble de nos concitoyens. La nécessaire lutte contre la xénophobie qui cible les populations musulmanes ne peut servir de prétexte pour bâillonner les critiques de l’islam. Le statut de victime, subir le racisme et les discriminations, ne confère aucune légitimité spéciale ou supérieure en matière d’antiracisme. Il convient de juger les personnes et les organisations sur leurs seuls engagements et convictions. Conçu dans une perspective universaliste, l’antiracisme vise à construire une conscience citoyenne qui transcende les particularismes identitaires et communautaires.
A l’ère des Donald Trump et des Marine Le Pen, l’antiracisme reste un enjeu d’une brûlante actualité. Le vieux MRAX se montre décidément irréformable. A-t-il vécu ? Faut-il créer une nouvelle structure ? Sous quelle forme ? Comment récupérer son équipe et ses compétences ? Questions aujourd’hui sans réponse. Il convient d’analyser les échecs des dix dernières années et d’en tirer les leçons. Assez d’angélisme de mauvais aloi ! Comment empêcher certains groupes et groupuscules de prendre l’antiracisme en otage ? Assez d’infinis pinaillages sur les mots ! Les fondements de l’antiracisme sont limpides. Le CCLJ s’annonce prêt à prendre sa part à l’œuvre commune, mais pas à n’importe quelle condition.
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