La JJL a décidé de « rencontrer », pour s’ouvrir

Du côté de la JJL, eh bien les activités ont repris en ce début d’année et il y régnait cette ambiance si particulière de premier samedi JJLien de retrouvailles entre copains qui ne se sont pas vus pendant de longues vacances. Le debriefing de Noah Gottlob, shaliah.

« Une grande famille », voilà ce qu’on a coutume de dire. D’ailleurs, les madrihim ont décidé de placer l’année sous le thème de « deuxième famille ».

Pour parler de mon expérience, la JJL a été véritablement une deuxième famille. Présente dans ma vie depuis mes 6 ans, quand j’apprenais à lire du lundi au vendredi, j’apprenais les chants et les idéaux JJLiens le samedi.

Mon premier samedi, j’ai reçu ma houltza le cœur battant. Toute neuve, trois fois ma taille, « Tu la garderas pendant des années », on m’avait dit. Véridique, j’ai toujours la même aujourd’hui.

Je me souviens, ce fameux samedi, m’être avancé à pas hésitants vers la Rotonde du CCLJ. Les baffles de la sono envoyaient des Rikoudeam (danses folkloriques) sur lesquels les madrihim dansaient et chantaient « JJL HAZAK, lalala lalala » à tue-tête en tapant dans les mains. Wouaw. Je regarde à gauche et vois tous ces grands, bien plus âgés que moi, qui se retrouvent, se racontent les derniers plotkes (ragots) et découvrent les nouveaux arrivants. A droite, une armada de petits, comme moi, qui admirent, ébahis, ce nouveau monde.

Le reste, c’est 17 années de JJL, chaque samedi, chaque vacance. Haver (animé), Madrih (animateur), Boger (ancien) et aujourd’hui Shaliah (responsable du mouvement). J’ai grandi avec ce mouvement et veille aujourd’hui à ce que de nouvelles générations grandissent avec lui.

JD (appelé aussi Sam, ou Samuel), aujourd’hui co-shaliah, lui, était venu comme spectateur à la messiba (spectacle annuel) pour voir des amis. Il ne se doutait bien sûr pas de l’impact qu’aurait ce spectacle sur lui. En applaudissant, il n’avait qu’une idée en tête : le samedi suivant, il le passerait à la JJL. Vous vous doutez de la suite ? Il a adoré.

Une différence subsiste tout de même entre notre mouvement et une « vraie » famille : à la JJL, qui veut en faire partie en fait partie (ou, pour en faire partie, il suffit de le vouloir). Il n’existe pas d’autre mode d’affiliation que celui de l’ouverture vers l’autre. L’acceptation d’autrui pure et simple, sans poser de question. Voilà ce qui nous définit.

Autre chose nous tient à cœur, autant que cette valeur d’ouverture « inconditionnelle », c’est la transmission de cette valeur. De génération en génération. Pour ce faire, nous mettons sur pieds cette année un projet de rencontres, d’accueil et de partage. L’idée est simple : faire que la JJL rencontre.

Rencontrer, cela signifie plein de choses. Rencontrer, cela signifie avant tout partager quelque chose, un moment, une discussion ; partager une vision – ou pas. Rencontrer, c’est aussi découvrir, tourné vers l’autre, ce qu’il veut bien nous faire voir de lui, de sa vie, de son histoire. Enfin, rencontrer, c’est aussi, bien sûr, se raconter – nous raconter. Dire qui nous sommes, nous, à la JJL. Ce que nous faisons, ce que nous vivons.

Tout ça, toutes ces manières de rencontrer, nous voulons les vivre et les faire vivre à nos jeunes. Nous voulons planter cette graine pour que des années encore, après son parcours à la JJL, le haver devenu madrih adopte un tel mode de rapport à l’autre ; un rapport basé sur l’interaction et l’intérêt porté à l’autre. A un niveau plus grand, ça donne le vivre-ensemble ; élément central à la JJL sur lequel on base notre fonctionnement quotidien. Vous voyez, tout se tient.

Concrètement, ça donne quoi un projet comme ça ? C’est simple, tout au long de l’année seront organisées des rencontres avec des jeunes ou des moins jeunes, d’autres cultures, religions, origines. Avec d’autres parcours, d’autres idées, d’autres modes de vie.

Une année JJL représente, en plus des samedis, un tyoul, trois mahanot (camps) et quatre séminaires. Autant d’occasions de transformer nos paroles en actes. D’incarner nos idéaux et nos valeurs. Autant d’occasions de vivre et de faire vivre de tels échanges, que les portes de la JJL et du CCLJ, suivant cette voie, s’ouvrent avec pour étendard ce projet qui représente le véritable challenge de cette année.

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