La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump « rend la paix possible » au Proche-Orient, a affirmé ce lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors de sa première visite à Bruxelles.
Après s’être entretenu dimanche, à Paris, avec le président français Emmanuel Macron lors d’un déjeuner au cours duquel les deux dirigeants sont largement restés sur leurs positions respectives, le Premier ministre israélien rencontrait ce lundi à Bruxelles les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, cinq jours après la reconnaissance controversée par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.
« Jérusalem est la capitale d’Israël, personne ne peut le nier (…) Cela rend la paix possible, car reconnaître la réalité est la substance de la paix », a-t-il plaidé aux côtés de la cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini, avant de rencontrer les ministres des Affaires étrangères de l’Union. « Ce qu’a fait le président Trump traduit carrément les faits. La paix est fondée sur la réalité, sur la reconnaissance de la réalité », a ajouté Benjamin Netanyahou, le premier chef de gouvernement d’Israël à se rendre auprès des institutions européennes depuis 22 ans. « Il y a maintenant un effort en cours pour présenter une nouvelle proposition de paix par l’administration américaine. Je pense qu’il faut voir ce qui est présenté et si on peut faire avancer la paix », a-t-il déclaré.
Le président Trump a décidé de dépêcher son vice-président Mike Pence à la fin du mois au Proche-Orient, mais les dirigeants palestiniens lui ont opposé une fin de non-recevoir.
De son côté, Mme Mogherini a réitéré la position de l’Union européenne en faveur d’un Etat israélien et d’un Etat palestinien vivant côte à côte, et de Jérusalem comme capitale de ces deux Etats.
« En tant que partenaires et amis d’Israël, nous pensons qu’il est dans les intérêts sécuritaires d’Israël de trouver une solution durable et globale » au conflit israélo-palestinien, a estimé la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Mme Mogherini a également condamné « toutes les attaques contre des Juifs, partout dans le monde, y compris en Europe », à la suite de la décision américaine.
Une visite totalement à charge
Au-delà de la question de la colonisation et d’une reprise du dialogue avec l’Autorité palestinienne, une autre question sensible qui pourrait être abordée à Bruxelles est la destruction par Israël en Cisjordanie occupée d’infrastructures destinées à « des communautés palestiniennes vulnérables » financées par des fonds de l’UE ou des Etats membres. Dans des affiches placardées au Parlement européen interpellant M. Netanyahou, des eurodéputés présentent une « facture » de 1,2 million d’euros pour des écoles, des citernes d’eau, des systèmes électriques et d’autres installations qui ont été selon eux « délibérément détruits ou confisqués par Israël, en dehors d’hostilités militaires et en violation du droit humanitaire international ».
Interrogé sur la Première (RTBF radio) ce matin, le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo a réagi sur cette question : ‘Souvent nous faisons des efforts, surtout dans l’enseignement pour construire des écoles pour les jeunes Palestiniens. Souvent, le fait de bâtir ces écoles est contesté par Israël qui détruit les investissements belges et européens. Jusque-là, on avait toujours protesté par rapport à ça. Maintenant, avec sept autres pays européens, nous réclamons des compensations pour les destructions qui ont eu lieu là ». Tout en nuançant ses propos : « On est critique par rapport à Israël, par rapport aux destructions des écoles financées par la Belgique et l’Europe. D’un autre côté, la Belgique est aussi très critique par rapport à l’Autorité palestinienne quand, par exemple, on a vu qu’un moment donné une école, financée par la Belgique, avait reçu le nom d’un terroriste des années 70′. Là, clairement, on a été très direct aussi. On a dit qu’on n’allait plus financer ces écoles tant qu’ils ne changent pas ce nom ». Avant de confirmer que plus de 3 millions d’euros de projets sont toujours suspendus, dans l’attente d’une réponse claire de l’autorité palestinienne.
Une nuance qui aura sans conteste manqué à de nombreux médias présentant la venue du Premier ministre israélien comme ils l’auraient fait pour le chef d’Etat nord-coréen ou d’un autre régime totalitaire, avec des commentaires totalement à charge, ignorant visiblement tout de la complexité de la situation sur le terrain.
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