Ken Loach fait du doute tantôt un poison, tantôt une ligne de défense

L’Université libre de Bruxelles (ULB) a notamment décidé de conférer le titre de docteur honoris causa à Ken Loach. Ce choix immoral heurte la mémoire des victimes de la Shoah, de leurs descendants et des survivants.

Les associations du Collectif belge pour la prévention des crimes de génocide et contre les négationnismes et chacun de leurs membres respectifs expriment leur émotion outrée face à l’indignité de cette nomination.

En effet, Ken Loach a tenu des propos négationnistes sur la Shoah avec la perversité insidieuse qui caractérise tous les négationnistes. Il a, sans la moindre nuance, confié à la BBC, à propos de la Shoah, que “history is for us all to discuss”. Il a mis plusieurs semaines à revenir sur ses propos. Le retard de sa réaction en dit long sur sa sincérité. Les propos négationnistes tenus ne laissent pas de place à la moindre interprétation. Que dire de ses propos sur la collusion entre les Juifs et les Nazis ? Il fait du doute tantôt un poison tantôt une ligne de défense. Jamais un vecteur de science ou d’élévation. Seuls les dupes feignent de ne pas le comprendre.

La Shoah a été.

Invoquer une prétendue liberté d’expression ou une liberté des historiens est aussi crédible que de convoquer en 2018 la science pour refaire le procès de Galilée.

L’ULB se fait complice de tels propos négationnistes en voulant nommer en parfaite connaissance de cause Ken Loach doctor honoris causa.

Elle sème le déshonneur en justifiant son choix par des considérations absolument étrangères à la possibilité de remettre en question la Shoah que défend Ken Loach. Déshonneur en latin se traduit par ignominia. Ce titre est ignominieux pour l’ULB et tous ceux, nombreux, qui en ont été justement gratifiés avant lui. Comment aussi ne pas songer aux compagnons malheureux de la promotion de Ken Loach ? A Ahmet Insel, qui a eu l’immense courage de reconnaitre le génocide des Arméniens malgré la violence du négationnisme d’Etat de la République turque.

L’ULB a couvert de ténèbres la science et la morale. Elle les enfouit avec l’obstination du couard dans “l’affreux gouffre inclément”.

Le Collectif belge lui demande, avec la détermination que lui donne la mémoire ébranlée des victimes des génocides, de revenir sur sa décision. Ce serait alors l’honneur retrouvé de l’ULB.

Pour le Collectif,

Signataires :

Association des Arméniens démocrates de Belgique

Centre pour la prévention des crimes contre l’humanité

Comité des Arméniens de Belgique

Fédération Assyrienne de Belgique

Fédération des Araméens de Belgique

Ibuka Mémoire & Justice

Institut Syriaque de Belgique

Seyfo Center Belgique

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