Michel Staszewski, modérateur de la conférence-débat sur le boycott académique que l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) a organisé le 19 février 2018, nous a écrit pour que nous insérions un rectificatif à l’éditorial (Eyal Sivan, BDS tendance Harpo, Regards n°878) que nous avons consacré à cette soirée.
Nous avions écrit que le documentariste israélien Eyal Sivan « a traité de “pute” une femme essayant de lui dire que certains sites internet prônant le boycott d’Israël contiennent des propos antisémites ».
Ayant enregistré la conférence, Michel Staszewski nous fait remarquer que leurs propos exacts sont très différents de ce que nous avons écrit ci-dessus. Afin de rétablir la vérité, nous reproduisons donc les propos de cette dame et la réaction hystérique d’Eyal Sivan.
Lors du débat avec la salle, une dame intervient et dit à Eyal Sivan qu’elle « lit beaucoup les sites… Les sites BDS sont antisémites et… ». Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’Eyal Sivan lui coupe la parole : « Madame, on va faire une chose très simple. Nous, on ne se laisse pas insulter. Vous vous excusez pour ce que vous avez dit. Je vous le dis très simplement. Au nom de mes grands-parents, je vous demande de vous excuser, sinon je ne vous écoute plus. Je ne vous laisse pas parler Madame. Moi, j’ai payé ma carrière professionnelle à cause de gens comme vous qui banalisent l’antisémitisme. Comme tout antisémitisme, l’antisémitisme n’existe pas. Et ce que vous faites, c’est banaliser l’antisémitisme ».
Elle essaie malgré tout de préciser son propos : « Mais quand on lit sur le site… ». Mais Eyal Sivan la coupe à nouveau violemment en hurlant : « Je ne vous laisserai pas parler tant que vous ne vous excusez pas. Je ne me laisse pas insulter, y compris parmi les Juifs. Vous allez retirer ce que vous avez dit. Madame, je ne vous traite pas de pute, vous n’allez pas me traiter d’antisémite ! Vous voulez que je m’excuse, vous vous excusez. Je ne laisse plus jamais personne traiter le mouvement BDS d’antisémite. C’est la propagande israélienne. Un sioniste n’a pas le droit de parler d’antisémitisme. Point Madame. Je ne suis pas démocrate intégral ».
C’est alors que le modérateur tente de le calmer : « Tu as mal pris ce que Madame a dit, moi aussi, mais je ne réagis pas comme ça. Voulez-vous bien terminer ce que vous avez à dire Madame ».
Mais Eyal Sivan hausse davantage le ton : « Je ne la laisserai pas parler. C’est un principe, je ne la laisserai pas parler. Il y a des choses qui ne se disent pas. C’est mon honneur juif. Vous allez vous excuser où je ne vous laisserai pas parler. La banalisation de l’antisémitisme sur le territoire européen par les francophones, j’en ai ras-le-cul ». Il ponctue sa diatribe en s’adressant à une autre personne du public par un très élégant : « Je t’emmerde » !
Dans sa demande de rectificatif, Michel Staszewski nous rappelle que la vérité a ses droits. Fort bien, Eyal Sivan a bel et bien eu recours au terme « pute ». Il n’est donc pas diffamant d’écrire qu’il a injurié cette femme, d’autant plus que dans son courrier, Michel Staszewski regrette « l’agressivité dont Eyal Sivan a fait oralement preuve à l’égard d’une dame opposée au BDS et aussi face aux arguments développés par Jean Vogel ». Si Michel Staszewski estime que ce documentariste israélien n’a pas insulté cette dame, pourquoi a-t-il alors tenté dans le feu de l’action de recadrer Eyal Sivan en disant qu’il « aimerait qu’on puisse aller au fond du débat sans injurier de préférence ».
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