Nouvelles technologies : Israël, un grand de ce monde

Dans le cadre du 60e anniversaire d’Israël, nous poursuivons la publication d’articles portant sur la modernité du jeune Etat. Ce mois-ci, nous avons invité Charlotte Gutman-Fischgrund, spécialiste du secteur high-tech, à dresser un bilan du dynamisme de l’industrie israélienne des nouvelles technologies. Accepté auprès des 30 pays de l’OCDE, Israël y a mérité sa place grâce à une restructuration financière qui a conduit à une économie croissante, une monnaie forte, une inflation quasi inexistante, un taux de chômage à 7 %… Les technologies développées dans nombre de domaines ont positionné le pays comme un leader incontournable. Stanley Fischer, le gouverneur de la Banque Nationale en Israël, félicite les Israéliens pour leur performance en 2006. De plus, la signature de l’accord bilatéral avec l’Union européenne en a fait un partenaire commercial européen impliqué désormais au-delà du 7e programme cadre en recherche et développement dans lequel Israël a investi 1 milliard de dollars.

Eau et nouvelles énergies

Les Israéliens ingénieurs et ingénieux recherchent aussi des solutions pour le mieux-vivre de l’Humanité. L’année 2007 a confirmé la position d’Israël comme la Silicon Valley des technologies de l’eau. La conférence WATEC 2007 (Water Technologies & Environmental Control) a attiré plus de 2.000 visiteurs et 100 délégations commerciales du monde entier. Près de 550 sociétés y ont exposé leur technologie dans des domaines divers tels que les systèmes d’irrigation avancés, la désalinisation, la purification des eaux usées, la gestion de l’eau et le contrôle du flux, la qualité et le traitement de l’eau, etc. Israël recycle 75 % des eaux usées, ce qui correspond au plus haut pourcentage à ce jour. « En 1994, la paix sur l’eau est signée avec l’aide des négociateurs des Nations Unies et des USA. La Jordanie donne l’eau en hiver et Israël donne l’eau en été. Par cette coopération mutuelle, ces deux pays ont cimenté la paix entre eux. Sur le plan politique, ce traité a rapproché des ennemis du passé » a affirmé Booky Oren, président de WATEC 2007. Shimon Peres, lors de la session de clôture de la conférence WATEC 2007 à Tel-Aviv, a précisé que « les technologies de l’eau et du soleil vont transformer le Moyen-Orient en une région verte et propre, et qu’il n’y aura pas de place pour l’égoïsme de monopole ». L’exportation de l’industrie de l’eau devrait augmenter en 2007 de 28 %, une croissance sans précédent.

Succès du hi-tech israélien

Depuis 2005, les sociétés israéliennes ont pris la 2e position sur le Nasdaq après les Etats-Unis. Quatre raisons peuvent expliquer ce succès : d’abord l’investissement dans le privé de près de 5 % du chiffre d’affaires en recherche et développement; ensuite l’existence du « Chief Scientist Officer » au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, chargé d’examiner plus de 2.000 business plans par an, dont la moitié est soutenue financièrement. De plus, la plupart des sociétés de technologie israélienne ont pour but de vendre leurs produits au niveau international, dès le départ. Last but not least, la plupart des technologies développées avec succès dans le civil trouvent leur origine dans le militaire. Voici quelques exemples impressionnants dans divers domaines.

Les télécoms : ECI, fondée en 1961, emploie 3.000 personnes, pour des profits nets de 43 millions de dollars en 2006. ECI fut choisie par Beijing Power et Beijing Subway pour actualiser leur réseau de communication en vue des Jeux Olympiques 2008.

La communication : Telrad a été primée par Nortel comme le fournisseur le plus innovant en 2007, Tadiran Communications existe depuis plus de 40 ans et est leader mondial dans la communication militaire.

Internet : plus de 200 sociétés sont actives dans les applications et l’infrastructure.

Les microprocesseurs : Intel, leader mondial, a choisi Israël en 1974 pour implanter son premier centre de recherche et développement en dehors des Etats-Unis. C’est en Israël que furent développés plusieurs microprocesseurs dont le « Pentium MMX » en 1995.

Les logiciels : Amdocs, créé en 1982, est devenu leader mondial dans divers domaines de la téléphonie, 16.000 employés, avec un chiffre d’affaires de 2,84 milliards de dollars en 2007. Son concurrent direct, également israélien d’origine, est Comverse, récompensé par le magazine américain Internet Telephony en 2007.

L’imprimerie : Bordeaux Digital PrintInk est pionnier des encres digitales et écologiques; EFI Inc., leader mondial dans les technologies de l’imprimerie, fut créée en 1989 par Efi Arazi, le fondateur de Scitex, qui restera une ‘success story’ puisqu’une partie de la société sera vendue à Kodak et l’autre à HP.

L’aéronautique : Israel Aircraft Industries, un des leaders en technologies aérospatiales, a développé le drone, l’avion sans pilote.

Les biotechnologies : nombreuses sont les nouvelles sociétés qui doivent passer par les tests cliniques pour être approuvées. Pluristem a réussi à produire des cellules qui vont révolutionner la greffe de moelle osseuse.

La recherche médicale : Israël est réputé pour la production d’équipements aidant au diagnostic. Given Imaging est reconnu pour sa caméra en forme de cachet à avaler qui photographie l’intestin de l’intérieur.

L’industrie pharmaceutique : TEVA, leader mondial de médicaments génériques, compte 26.000 employés pour un chiffre d’affaires de 8,4 milliards de dollars en 2006. Le titre a gagné 4.000 % depuis 1982.

L’agriculture : Netafim est le leader mondial dans les systèmes d’irrigation goutte à goutte.

L’eau : Mekorot, société d’Etat fondée en 1937, produit 1,4 milliard de m3 d’eau par an, assurant 80 % des besoins en eau potable du pays. Mekorot construit actuellement la plus grande usine de désalinisation qui produira 100 millions de m3 par an.

Les énergies alternatives : Solel a remporté le plus gros contrat au monde dans le domaine de l’énergie solaire, d’un montant de 4 milliards de dollars, pour alimenter 400.000 maisons en Californie, etc.

Investir en Israël Les fonds d’investissements et les investisseurs privés observent l’ingéniosité israélienne. Les investissements étrangers s’élevaient à 14,2 milliards de dollars en 2006 (IVC Research Center). Israël est passé de la 23e à la 15e place dans l’index de compétitivité globale 2006-2007, qui classe le pays en première position en matière de la disponibilité de scientifiques et d’ingénieurs, et lui décerne la 4e place pour la qualité des institutions de recherche scientifi-que et technologique. « Etant dépourvus de richesses naturelles, nous devons trouver d’autres voies. Je crois que dans les vingt années à venir, nous produirons de l’eau, et trouverons des énergies alternatives. Oublions le conflit et améliorons nos conditions de vie. Israël, petit en taille, pourrait être reconnu comme un laboratoire aux yeux du monde, grâce à ses nombreux scientifiques ! Nous n’avons pas de passé de coopération avec nos voisins mais un avenir plus économique que militaire », a conclu le président Shimon Peres. Amen.

*** « Business as usual » Mars 2000 éclatement de la bulle Internet.

Septembre 2000 2e intifada. 2001-2004 crise économique internationale 2000 à nos jours malgré les menaces terroristes, les grandes conférences et salons professionnels sont organisés en Israël, tels que Telecom Israel, BioTech/BioMED, IVA, Go4Europe, Globes Business conference, PM conference…

Juillet 2006 guerre avec le Liban Décembre 2006 croissance du PNB de plus de 5 %.

*** Interview Zohar Zisapel fondateur du groupe RAD Comment expliquez-vous le succès du groupe RAD, un agrégat de sociétés spécialisées dans les réseaux et télécoms dont six sont cotées sur le Nasdaq ?

Chaque société du Groupe RAD fonctionne indépendamment, tout en étant sous l’égide d’une stratégie collective. Cette philosophie décentralisée maximise les avantages inhérents aux plus petites unités, tels que la flexibilité et l’esprit entrepreneurial.

Quelle est l’origine du succès des sociétés israéliennes dans tant de domaines ?

Les Israéliens sont très indépendants par nature. De plus, ils ne répugnent pas à prendre les risques que les nouvelles technologies nécessitent avant de montrer un retour sur l’investissement.

Comment l’investissement en recherche et développement a-t-il évolué au sein du Groupe RAD ?

Notre investissement est de plus de 20 %. Il était élevé dans le passé et l’est resté. Nous avons continuellement investi dans la technologie. Ceci ne comprend pas les start-ups, où les investissements en recherche et développement avoisinent les 100 %.

Quel sera l’avenir des sociétés israéliennes au Moyen-Orient ?

A long terme, tout dépend de la volonté de nos voisins d’accepter notre intégration dans le marché local. Depuis plusieurs années, nous avons des distributeurs en Egypte et en Jordanie et coopérons avec l’Autorité palestinienne et les Emirats. Cependant, le volume des ventes est bas et les relations sont prudentes.

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