La feuille de route du camp de la paix

Ami Ayalon fut un militaire de carrière israélien, commandant en chef de l’armée de mer et même, avant de prendre sa retraite, chef des services secrets intérieurs. Sari Nusseibeh est un universitaire palestinien, un intellectuel raffiné qui, depuis plus de vingt ans, consacre une partie de son temps à favoriser le dialogue. Ils sont à l’origine d’une vaste initiative civile israélo-palestinienne en faveur de la paix, qu’ils présenteront à l’ULB, le mardi 4 novembre. ATTENTION, CETTE CONFÉRENCE EST REPORTÉE. Les deux hommes sont convaincus que la paix est à portée de main; mais ils savent aussi que leurs dirigeants respectifs, pourtant conscients de l’issue pacifique inévitable, ne font rien dans ce sens, à la fois parce qu’ils sont les otages de leur passé et de leurs réflexes, mais aussi parce qu’ils préfèrent maintenir le statu quo, autrement dit, perpétuer le conflit, plutôt que de transcender l’ambiance et la méfiance actuelles.
Que faire pour surmonter le problème? Se tourner vers le peuple et le consulter. C’est démocratique, et l’enjeu en vaut la peine. Ayalon et Nusseibeh sont convaincus qu’au sein des deux peuples, il existe une opinion très large prête à souscrire à un règlement pacifique qui s’appuierait sur les acquis de Camp David, Washington et Taba.
Pour sortir de l’ornière diplomatique actuelle, ils proposent de prendre à rebours le processus d’Oslo. Aller, pas à pas, d’accords provisoires en accord intérimaires, laissant pour la fin le règlement des questions les plus sensibles, confiant aux négociateurs le soin de trouver un arrangement honorable avec un peu d’imagination, cette démarche-là a échoué, on ne le sait que trop. Aussi, les deux hommes préconisent la démarche inverse : convaincus que le plus grand obstacle à la paix dans l’opinion est justement l’incertitude, le flou, les arrières-pensées, les intentions implicites, ils ont eu l’idée de commencer par la fin : ils se sont efforcés de définir le plus brièvement, mais surtout le plus clairement possible, les principes et les objectifs du règlement à venir en insistant, notamment, sur les solutions aux problèmes tenus pour insolubles et sur lequel Camp David a achoppé. Ils ont souhaité rompre avec la logique diplomatique consistant à ne révéler qu’à la fin l’étendue des concessions réciproques. Là, elles sont explicites. Ils ont chassé l’ambiguïté, car c’est elle qui érode la confiance et nourrit la méfiance.

Des solutions concrètes
Que proposent-ils concrètement? Tout d’abord, le principe «Deux Etats pour deux peuples!» Cela peut paraître peu original, mais, à l’heure où dans le camp de la paix israélo-palestinien, certains abandonnent cette cause au profit de l’Etat bi-national, il n’est pas inopportun de réaffirmer cet objectif primordial, augmenté de la définition d’Israël comme Etat juif.
1) Les frontières seront définies sur la base de la Ligne verte du 4.6.1967.
2) Jérusalem sera capitale des deux Etats, et la division de la ville se fera en fonction de la composition, arabe ou juive, des quartiers; aucune souveraineté ne sera exercée sur les Lieux Saints qui seront confiés à une tutelle religieuse.
3) Concernant le droit au retour qui est tenu, en Israël, pour l’irréductible pomme de discorde, les réfugiés palestiniens pourront soit rester dans leurs pays actuel de résidence, soit immigrer dans un pays tiers, soit s’établir dans l’Etat de Palestine à l’exclusion d’Israël.
4) Les colons juifs de Gaza et de Cisjordanie seront rapatriés dans l’Etat d’Israël.
5) L’Etat palestinien sera démilitarisé.
6) Avec l’application complète de ces principes, le conflit israélo-palestinien sera clos.
Ayalon et Nusseibeh n’ont pas seulement souhaité cogiter un plan. Ils ne se sont pas contentés de sortir de leur tour d’ivoire, ils voulaient descendre dans la rue. En effet, ce n’est pas sur leur autorité qu’ils comptent pour faire avancer les choses, mais sur le nombre de personnes qui souscriront publiquement à leur initiative. Ils ont donc décidé de soumettre leur plan a l’approbation directe des deux peuples. Avec une audace, dont seuls peuvent être capables des personnes qui ne poursuivent pas d’ambitions politiciennes, ils ont même quantifié leur objectif : ils veulent réunir un million de Palestiniens et un million d’Israéliens. Munis de ces deux millions de signatures, dotés de cette représentativité populaire significative, ils estiment qu’ils pourront être entendus. Le pari est réel, car le résultat n’est nullement acquis d’avance.
Ils sont aujourd’hui 60.000 Israéliens et 45.000 Palestiniens à avoir signé. Ce n’est qu’un début, continuons le débat.

Israël/Palestine : Deux peuples – Deux Etats
Conférence d’Ami Ayalon et Sari Nusseibeh
Mardi 4 novembre à 19 h 30
ULB – Auditoire Paul-Emile Janson
Réservations au Cclj : 02/543.02.70
ATTENTION, POUR DES RAISONS DE SANTÉ, LA CONFÉRENCE EST REPORTÉE.

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