Après avoir été photographe puis assistant de Benoît Blam-pain dans les différentes pièces du Théâtre du Possible, c’est le rôle de metteur en scène qu’a choisi de revêtir pour cette pièce de Jean-Claude Grumberg, Christophe Haesevoets, véri-table artiste «polyvalent» comme il se qualifie lui-même. Une expérience qu’il ne de-mande qu’à reconduire et qu’il nous explique avec passion. Votre premier court-métrage Femme à la coiffeuse a été présenté en mai dernier au Centre culturel Jacques Franck. Déjà, vous étiez derrière la caméra. Cette envie de faire de la mise en scène est-elle récente? Non, c’est un souhait que j’ai depuis longtemps, depuis Folies de Tristan Bernard, notamment. A l’époque, je ne m’occupais que des changements de décors, mais le milieu déjà me plaisait. Le fait de bien connaître les acteurs aussi de cette troupe amateur de haut vol, par les photos que j’en faisais, était également un plus. J’ai donc proposé à Benoît Blampain et à Jo Venet cette pièce, Rêver peut-être de Jean-Claude Grumberg, qu’ils ont accepté de me confier. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette œuvre et comment avez-vous choisi de la traiter? C’est une comédie loufoque, tout en étant grinçante, comme le sont les pièces de Grumberg, à la frontière de la drôlerie et de l’horreur. Ce sont tous des personnages très premier degré, qui n’évoluent pas psychologiquement. J’ai puisé dans mon vivier de références, la BD, le dessin animé, du docteur Caligari à Zorro en passant par Roger Rabbit et Batman. J’aime l’enchaînement d’éléments à la fois hétéroclites et qui me sont proches, quand la voix de Jane Manson succède à Bartok… Tous les arts peuvent servir le théâtre. Je crois qu’il est essentiel aujourd’hui d’être polyvalent. Pouvez-nous dire un mot de l’intrigue? C’est l’histoire d’un acteur, Gérard B., qui vit des choses horribles, car on l’accuse d’avoir fait preuve d’inhumanité dans ses rêves. On fait la connaissance d’un juge, mélange de Zorro et d’Artagnan, d’un avocat qui va tenter de trouver des jurisprudences pour sortir son client de cette affaire, d’une gendarme, sorte de vampe de série B, et de la femme de Gérard B., bien sûr, une ménagère américaine en bigoudis qui ne comprend pas grand-chose de ce qui se passe. Outre les décors sur roulettes(!), j’ai moi-même ajouté un chœur de majorettes, des chorégraphies et des play-back détonants. Je prends beaucoup de distance par rapport à Grumberg parce que son texte le permet. Et pas besoin de connaître Hamlet que joue Gérard B. ou l’auteur Jean-Claude Grumberg, chacun y trouvera son niveau de lecture. Je ne sais pas si l’écriture de Grumberg est aussi loufoque que je l’ai rendue, j’y tenais en tout cas moi beaucoup, et j’espère sincèrement que le public va mourir de rire! Rêver peut-être de Jean-Claude Grumberg Les 14, 17, 18, 19 et 21 février 2004 à 20 h 30, le 21 février à 21 h Première le vendredi 13 février 2004 à 21 h Espace Yitzhak Rabin Infos : 02/543.02.70
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