Arouna Lipschitz, entre terre et ciel

Elle est rayonnante d’équilibre, grande, élancée, comme ses idées… Arouna Lipschitz n’est pas mannequin (quoique…) mais docteur ès-lettres, chercheur en psychanalyse, yoga et kabbale, elle enseigne aujourd’hui sa philosophie de la relation qu’elle appelle «la voie de l’amoureux». De sa voix posée, chaude et grave, Arouna Lipschitz relate son parcours de femme exigeante. Pour elle, chaque être naît avec un désir d’absolu, un besoin de toucher les étoiles, qui nourrit une nostalgie fusionnelle réactivée par la gestation.
Comment le concilier avec l’existence? De l’absolu vers une spiritualité de l’altérité!
Une quête qui commence sur fond religieux, dans un cadre familial de lignée hassidique. Mais à l’âge de la bat-mitzvah, les femmes sont appelées à s’épanouir dans le mariage. Chose faite et très vite défaite. A 19 ans, un divorce suit de près la mort brutale de son père.
S’ensuit rébellion sur fond de révolution sexuelle qu’on croie ou qu’on ne croie pas en Dieu, l’orgasme est un événement physiologique et non discutable au cours duquel on s’ouvre, l’espace d’un moment, à l’infini, au mystère de l’ineffable. Mais cet état n’étant (hélas) pas permanent, on se retrouve plein du manque de ce TOUT que l’on a tendance à projeter sur l’autre : déception garantie!
Etudiante à Paris, Arouna défend sa thèse de sémantique avec Julia Kristeva comme directrice et Roland Barthes dans le jury. Rencontre avec un maître indien, en Israël. Hésitation. Elle va préférer la voie du yoga et de la méditation à celle de l’université.

Voyages initiatiques
En 1982, Arouna prend la robe orange de swami en Inde. De retour à Paris, elle se retrouve face à de nouveaux questionnements. Comment vivre dans le monde sans y perdre son âme? En apprenant à rapprocher les contraires, à construire des passerelles entre sa conscience d’être et le rapport existentiel à l’autre, au monde.
Parce que «aimer s’apprend», elle élabore au jour le jour sa philosophie de la relation qu’elle enseigne dans sa petite «yeshiva» personnelle. Arouna nourrit ses explications d’étymologies, de racines hébraïques, s’appuie sur ce qu’elle appelle des lois naturelles du cosmos, et rend hommage à l’enseignement, à la transmission du savoir : Je crois à la transmission. En ce sens, je me sens profondément enracinée dans la tradition hébraïque. «Ivri» signifie être passeur. Nous sommes tous des passeurs pour la génération à venir.

«L’un n’empêche pas l’autre»
Auteur de Dis-moi si je m’approche et L’un n’empêche pas l’autre, la voie de l’amoureux (Ed. Le Souffle d’Or), récits autobiographiques, invitée à la radio et à la télévision, Arouna Lipschitz est un «sacré» personnage, une femme charismatique qui s’est offert le luxe de consacrer sa vie à des expériences nourries et investies de sens; un parcours, pour le moins original et ambitieux, d’Anvers à Paris en passant par Israël, l’Inde et le Canada. Et Bruxelles, ce 1er avril!

Quête d’absolu et relation à l’autre
Conférence de Arouna Lipschitz
Jeudi 1er avril à 20 h 30
Espace Yitzhak Rabin
Infos : 02/543.02.70

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