Bar Refaeli, la mode au féminin

Bar Refaeli est l’une des top-modèles les plus célèbres et les plus demandées au monde. Egérie des plus grands photographes de mode, la jeune Israélienne est pourtant loin d’être la simple icône de magazine à laquelle le lissage médiatique tend à réduire trop de célébrités. La mode se développe-t-elle en Israël comme dans les autres pays occidentaux ? Israël ne dispose pas d’infrastructures commerciales aussi importantes qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Les boutiques de créateurs sont encore trop rares, même si la mode israélienne a beaucoup évolué ces dernières années. Les influences extérieures se ressentent davantage. Les gens voyagent beaucoup plus facilement qu’auparavant, la multiplication des supports médiatiques, des magazines à Internet, n’a pas été sans effet sur la perception que les Israéliens ont de la mode.

L’influence des religieux a-t-elle été un frein à la médiatisation de la mode israélienne ? Israël est un pays qui se situe à mi-chemin du droit et de la religion. Tout y est souvent complexe. Il faut toujours faire plus attention à ce que l’on montre pour que les orthodoxes n’aient pas le sentiment que l’on viole les valeurs dont ils se réclament. Et je peux comprendre leur point de vue. Mais je crois aussi que chacun doit y mettre un peu du sien et accepter, en partie, la position de l’autre. Il est possible de mettre en valeur un beau vêtement sans trop dévoiler le corps.

Le mannequinat a-t-il été l’un des leviers de l’émancipation des femmes ? Il en a plutôt été une conséquence. L’égalité des genres relève d’un combat qui a d’abord été mené par des femmes courageuses qui se sont battues pour elle. Je ne crois pas que le monde de la mode mérite un tel honneur. Il faut être lucide sur l’influence réelle que les figures célèbres du mannequinat ont réellement exercée sur l’évolution de la société, qui se borne à peu de choses.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières dans votre carrière internationale en raison de votre nationalité ? La beauté de la mode, c’est qu’elle n’a pas de religion ou de pays. Elle est davantage liée à l’individu qu’à un groupe. Elle permet à la personnalité de chacun de s’exprimer et de se développer, en fonction de son style ou de ses préférences personnelles. L’univers de la mode est constitué d’une variété de personnalités, de créateurs, de mannequins, de stylistes, venus du monde entier, ce qui l’arrache aux particularismes des nationalités. En tant qu’Israélienne, je n’ai jamais rencontré la moindre difficulté. Les origines s’estompent et disparaissent dans ma profession. Je ne pense sincèrement pas que la politique vienne y influencer les perceptions et les rapports interpersonnels. C’est un secteur très internationalisé, les photographes ou les designers n’ont aucun préjugé lié à l’origine des gens. En revanche, les traits de personnalité de chacun sont importants. Mon propre parcours et ma propre histoire sont liés à Israël et à sa situation très particulière dans le monde. Tout cela m’habite, fait partie de moi et se ressent. En ce sens, mon origine joue un rôle, dans la mesure où j’apporte avec moi une sensibilité et une approche de la vie inhabituelles dans le monde de la mode.

Evoquez-vous les problèmes politiques du Moyen-Orient avec d’autres professionnels venus du monde arabe ?
Il m’arrive de travailler avec des photographes libanais ou des stylistes jordaniens. Et lorsque nous parlons des événements politiques, cela ne pose aucun problème. Au contraire, nous déplorons tous la situation tragique dans laquelle se trouve le Proche-Orient. Nous faisons de l’excellent travail ensemble et il nous arrive souvent de plaisanter. Cela souligne pour nous la nécessité d’apprendre à vivre ensemble. Nous devons, si nous voulons la paix, apprendre à être plus ouverts, plus respectueux les uns des autres, et accepter nos différences. J’ai, par exemple, apporté mon soutien à une association internationale, Seeds of Peace (« Les germes de la paix »), qui réunit des adolescents venus du monde musulman et d’Israël, dans un camp de vacances situé dans le Maine. Ces jeunes y vivent durant plusieurs semaines. En partageant une expérience commune, ils s’aperçoivent qu’ils partagent les mêmes valeurs, les mêmes notions du bien et du mal, et leurs opinions sur les « autres » s’en trouvent profondément modifiées. Leurs similitudes les rapprochent et ils deviennent amis. Si l’on veut sérieusement parler de paix, la seule manière d’y parvenir est de multiplier ces expériences de vie en commun pour permettre aux jeunes de connaître ceux qui se trouvent « de l’autre côté ». Lorsque ceux-ci deviendront les acteurs et les décideurs de leurs propres sociétés, ils auront une meilleure connaissance de leurs semblables et seront davantage disposés à établir des relations amicales avec eux. La sensibilisation à la différence les aidera à ouvrir leurs pays respectifs à des relations plus fraternelles et à une plus grande compréhension mutuelle. C’est en formant la jeune génération à ce type d’expérience de l’altérité que l’on fera véritablement avancer le processus de paix. Les jeunes d’aujourd’hui feront la société de demain. C’est la raison pour laquelle il est si important de leur apprendre à vivre avec les autres dès l’enfance. C’est dès le plus jeune âge que naissent les amitiés. A ce moment de la vie, on se lie plus facilement avec les autres, on communique beaucoup plus aisément, on s’ouvre davantage aux nouvelles perspectives. C’est cela qui rendra peut-être un jour la paix possible.

***

23 ans et une carrière impressionnante

Publicités
Accessorize, Aldo Coppola, Chanel Make Up, El Corte Inglés, Guerlain, Irit, Luisa Cerano, Marco Bicego, Marks & Spencer, Mayden Natural Water, Naulover, O’Neill, Otto, Pupa, Ralph Lauren, Recarlo, Teleno, Victoria’s Secret, Yamamay…

Couvertures de magazines
Argentine : Elle / Espagne : DT, Elle, Telva, Marie Claire, Woman /
Etats-Unis : apparaît dans Sports Illustrated Swimsuit 2007 et 2008 / France : Elle / Israël : Cosmopolitan, Go, Blazer, … / Italie : GQ / Lituanie : Elle /
Norvège : Elle / Royaume-Uni : Maxim, Tatler, Arena / Suède : Elle

(sources : www.fashionmodeldirectory.com et www.barrefaeli.co.il)

***

Semer les germes de la paix
Seeds of Peace (« Les germes de paix ») est une association à but non lucratif fondée en 1993, qui forme des jeunes issus de régions en conflit, en les dotant des outils nécessaires à la réconciliation et à la coexistence. Chaque année, 300 jeunes environ (venus d’Egypte, de Jordanie, d’Israël, des territoires palestiniens, d’Inde, du Pakistan, d’Afghanistan et des Etats-Unis) sont choisis parmi plus de 2.000 candidats par leurs gouvernements respectifs pour participer au programme proposé par Seeds. Celui-ci comporte initialement un camp de vacances dans le Maine, permettant ainsi aux jeunes de faire connaissance, et se poursuit par des activités sur le terrain, des conférences internationales, des ateliers régionaux, divers programmes éducatifs et professionnels, ainsi qu’un programme pour jeunes adultes. Cette structure permet aux participants de développer confiance et respect mutuels, et de préparer leurs compatriotes à la coexistence et au chemin de la paix. Les plus anciens, devenus de jeunes adultes, agissent au niveau personnel et professionnel dans le sens des valeurs inculquées par l’association. Le réseau de Seeds compte à ce jour quelque 4.000 jeunes.

Plus d’infos : www.seedsofpeace.org

***

Scott Lipps, le number One

Scott Lipps est le fondateur et le président de One, l’agence new-yorkaise qui gère la carrière de Bar Refaeli. Créée en 2002, elle regroupe aujourd’hui plus de 60 modèles, dont Claudia Schiffer ou Eva Herzigova. En quelques années, One est devenu une institution incontournable qui représente également depuis 2006 les intérêts de chanteurs et d’acteurs.

Comment avez-vous découvert Bar Refaeli et pourquoi avez-vous eu envie de travailler avec elle ?
J’ai rencontré Bar alors qu’elle avait déjà quelques années de mannequinat derrière elle. J’ai senti le potentiel qu’elle avait pour faire revivre le temps des top-modèles, et l’attrait qu’elle représenterait pour des annonceurs et des artistes importants.

Comment la définiriez-vous s’il vous fallait la présenter en quelques mots ?
Je pense qu’elle est le mannequin parfait qui représente le mieux cette génération. Elle incarne la beauté intemporelle, ce qui est très rare. Je n’avais plus vu de mannequin de ce type depuis longtemps. One a connu un succès retentissant et une croissance rapide très remarquée.

Qu’est-ce qui fait votre particularité ?
Cela tient, d’après moi, à notre position unique sur le marché : parmi les authentiques agences de mannequins, nous sommes la seule qui offre une gamme complète de talents dans le domaine du divertissement, avec nos départements cinéma et musique. Et ce n’est qu’un début !

]]>