D’où mon interrogation sur la photo du Palestinien et du colon israélien en guise d’illustration. A moins bien sûr de suggérer que j’aurais été dans cette conférence le représentant, symbolique s’entend, de ce colon, comme sembla le suggérer Souhail Chichah dès la première question qu’il me posa lors de la discussion. Ce chercheur en économie me récusa d’emblée (j’oubliais, Ricardo Gutierrez décrit une manifestation d’où il était absent), en raison de mon adhésion au CCLJ, une organisation diffusant la culture israélienne (mon Dieu !). Comprenez la colère du président du CCLJ présent dans la salle : comment accepter une telle remarque, hors sujet, mais surtout proférée par un soutien à Dieudonné qui serait à l’entendre « le premier des républicains français » et non un raciste avéré, comme je pense l’avoir démontré dans un bref montage vidéo, que cet article du Soir passe totalement sous silence. Ce montage se termine par une menace claire de la part de Dieudonné : « La mort est préférable à la soumission à ces chiens ». Dieudonné parle ici des Juifs, pas le moins du monde des sionistes.
J’aimerais rappeler à Ricardo Gutierrez que le CCLJ, qui à croire M. Chichah, n’aurait pas droit de cité à l’ULB, n’est pas forcément en odeur de sainteté au sein de sa propre communauté. On lui reproche, en effet, plus qu’à souhait d’être trop ouvert aux thèses palestiniennes et, ce n’est pas une blague, d’être trop… pro-Le Soir. C’est vrai qu’il nous arrive de critiquer certains aspects de la politique israélienne. Et pourquoi pas ? L’amour passe aussi par la critique ! Dès lors, je ne puis que m’insurger contre tous ceux qui clament qu’Israël bénéficierait d’un traitement de faveur médiatique et politique du fait d’une supposée sacralisation de la Shoah (sic). Jean Bricmont, qui n’était pas orateur lors de cette conférence mais qui est cité en guise de conclusion de l’article du Soir, parle lui de « religion de l’Holocauste » et de « sionisation des esprits ». Avant-guerre, l’extrême droite préférait parler d’enjuivement du monde. Monsieur Gutierrez pense-t-il réellement qu’Israël bénéficierait d’un traitement de faveur dans les médias ? Le livre Israël, un avenir compromis, récemment publié par Olivier Boruchowitch et Richard Laub démontre, statistiques à l’appui, qu’il n’en est rien. Leurs données chiffrées, extraites d’une enquête faite à l’UCL, prouvent qu’Israël est bien davantage critiqué dans la presse belge que n’importe quel autre pays en situation conflictuelle. Combien d’articles Le Soir n’a-t-il jamais consacrés au blocus turc de l’Arménie, aux massacres des Kurdes, à l’ex-Sahara espagnol (ses murs, ses colonies), aux Tchétchènes, aux persécutions des chrétiens d’Orient ?
On a le droit de ne pas aimer Israël mais franchement, ceux qui souhaitent sa disparition ne se cachent pas pour l’exprimer ici et là. S’il y a des tabous en Belgique, ils ne sont manifestement pas là. Quant à la fable de la dictature morale qu’exercerait la Shoah, permettez-moi d’en pleurer. Il a fallu soixante ans à la Belgique pour que le CEGES s’intéressât, enfin, aux responsabilités belges dans le processus de destruction des Juifs de Belgique… Et nous attentons toujours -comme aimait le répéter Maxime Steinberg- un Chirac belge. Il n’existe de religion de la Shoah que dans le chef des négationnistes. Ce n’est pas par hasard si Jean Bricmont vient de lancer une pétition en faveur de Vincent Reynouart, un négationniste notoire, car condamné. Décidément, l’antisionisme (radical) est bien aujourd’hui le socialisme des imbéciles.
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