Zone industrielle de Petah Tikva, il est 18h, tous les garages et entrepôts sont fermés. Sauf un. Dans un immeuble défraîchi, les gens rentrent un à un. Des femmes, des hommes, avec ou sans kippa. Sur le frontispice, un écriteau : « Kabbalah La’am ».
Au premier étage, la salle se remplit petit à petit. L’émotion est palpable. Dans quelques minutes, comme tous les mardis à 18h30, le Rav Laitman viendra donner son cours, retransmis en direct sur la chaîne israélienne 66, la chaîne de Kabbalah La’am. Ce jour-là, il commentera l’introduction de l’étude des dix séfirot du Baal Hasoulam, l’un des plus grands kabbalistes du 20e siècle et répondra aux questions du public venu quelques fois par curiosité, mais surtout pour recevoir une réponse à la question que tous se posent : « Quel est le sens de la vie ? ».
Né en 1946 en Biélorussie, le Rav Michaël Laitman, doctorant en bio-cybernétique, a été amené à s’intéresser à la Kabbale lors de ses études scientifiques au Centre de recherche en hématologie de Leningrad. A travers ses recherches sur la cellule organique, il s’intéresse à la question de la vie. Quelle est cette force extraordinaire qui anime nos cellules et maintient harmonieusement notre corps ? Il comprend qu’il ne trouvera pas de réponse dans la science et c’est après son alya en Israël, en 1974, où il poursuit sa recherche personnelle, qu’il se met à suivre l’enseignement du grand kabbaliste Baruch Ashlag, fils et successeur du kabbaliste Baal Hasoulam (Maître de l’échelle), connu pour son commentaire du livre du Zohar. Le Baal Hasoulam fut aussi le premier kabbaliste à avoir adapté cette sagesse à notre génération et à avoir publié le premier journal de la Kabbale pour le grand public. Après le décès de son maître Baruch Ash-lag en 1991, Michaël Laitman fonde Bnei Baruch dont le but est d’ouvrir la Kabbale au plus grand nombre, indépendamment du sexe, de l’âge et de la religion.
Cours via internet
A l’instar des kabbalistes des siècles passés, les étudiants de Bnei Baruch se réunissent la nuit entre 3h et 6h pour étudier les sources authentiques de la Kabbale (le Zohar, les écrits du Baal Hasoulam…). Tout en poursuivant cette chaîne de transmission, ils savent également concilier cette sagesse de près de 5.000 ans avec la technologie moderne. Ainsi ce cours est retransmis en direct en hébreu et traduit simultanément en huit langues dont l’anglais, le français et le turc, à l’attention des étudiants dans le monde qui suivent les cours via internet.
Ce qui réunit ces milliers d’étudiants dispersés aux quatre coins du monde ? Yaakov Sabal, responsable de la traduction française du Centre, répond : « La recherche d’un sens plus profond de leur existence qu’il trouve dans la Kabbale, véritable physique du monde spirituel qui accompagne l’homme dans son chemin intérieur l’amenant à l’harmonie avec lui-même, avec les autres en affrontant son ego surdéveloppé du 21e siècle ».
Qu’est ce qui conduit chaque jour à voir s’ouvrir en Israël de nouveaux centres de Kabbalah La’am ? Le phénomène est suffisamment important pour que le journal Haaretz y consacre plusieurs colonnes. La chaîne de télévision Aroutz 10 a diffusé une interview de l’acteur israélien Moshé Ivgy, lui aussi étudiant du Rav Laitman. Pour ne pas citer le chanteur Arkhadi Dukhin, rock star israélienne, qui s’inspire du message de la Kabbale pour la composition de ses chansons.
Les raisons de cette émergence soudaine en Israël d’une recherche spirituelle dénuée de rituels religieux sont multiples. L’absence de solutions politiques régionales en vue, la dernière guerre à Gaza, la montée des extrémismes religieux, la désillusion face à l’establishment politique et religieux et aux médias, la crise monétaire, l’éclatement de la cellule familiale et l’effritement des valeurs morales, mais aussi la recherche d’un sens plus profond de la vie, perdue dans le train-train quotidien.
Du 9 au 11 novembre prochain, pour le Congrès international de Kabbalah La’am, le Palais des expositions de Tel-Aviv accueillera plus de 7.000 personnes des quatre coins du monde, de la Chine en passant par l’Alaska, mais également du Moyen-Orient et des Territoires palestiniens. Comme dit le Rav Laitman : « Le monde doit réaliser cette phrase : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”.Certes, c’est une façon de vivre radicalement différente, sans l’ombre d’un doute ! Le monde peut-il réaliser cela ? Il doit y arriver et il y arrivera bon gré, mal gré ».
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