La nouvelle n’a pas été assez répercutée par les médias, juifs ou non : le parti ultra-orthodoxe Shass est devenu sioniste. 26 ans après sa fondation, 62 ans après la création de l’Etat d’Israël, les mauvaises langues diront qu’il était temps. Elles auraient tort. C’est que le Shass vient de loin : c’est une dissidence sépharade du très ashkénaze parti Agoudat Israël, créée en 1912, pour lutter contre… le sionisme et son rêve d’Etat juif. Après 1948, l’Agoudat, tout en restant antisioniste, a toujours monnayé son appui aux partis au pouvoir en échange de subsides pour ses organisations. Quoi qu’il en soit, et même si ce ralliement du Shass semble surtout dû à une volonté d’entrisme dans l’Organisation Sioniste Mondiale (seul Dieu sait pourquoi, au demeurant), tout est bien qui finit bien. On peut même espérer que l’autre parti ultra-orthodoxe membre du gouvernement actuel, le « Judaïsme unifié de la Torah » (une union de deux partis ultra-orthodoxes, ashkénazes, ceux-là), en fasse autant un de ces jours. Après tout, ce n’est pas beaucoup demander qu’un mouvement politique reconnaisse la légitimité du pays à la direction duquel il participe…
]]>