Silence, la gauche

Depuis Adam et Eve -ou presque-, la diversion a toujours été la stratégie préférée de la droite juive face aux questions gênantes.  Logique : changer de sujet permet d’éviter de devoir répondre et met l’adversaire sur la défensive.

 
Une des diversions favorites de la droite consiste, quel que soit le sujet abordé, à asséner ce mantra : « La Diaspora doit soutenir le gouvernement légitimement élu d’Israël quel qu’il soit ». Avantage immédiat : le critiqué doit, dans l’instant, préciser que, bien sûr, il soutient inconditionnellement l’Etat d’Israël. Et que, évidemment, le gouvernement est le représentant légitime d’une majorité d’Israéliens.
 
La droite n’a alors plus qu’à achever le casse-pieds en lui rappelant qu’il végète, lui, dans le confort indécent de la Diaspora. Alors que les Israéliens, comme chacun sait, vivent dans des tentes dépourvues d’eau courante, voire même d’air conditionné. Et donc que, dans ces conditions, soit il fait son alya, soit il se tait. Exit la question perturbante.
 
Ca eut peut-être payé mais ça ne paie plus : comment un individu doté de raison pourrait-il soutenir « un gouvernement quel qu’il soit » qui change à chaque élection ? Faisons le compte : le bon Juif de diaspora a donc appuyé avec le même enthousiasme le gouvernement Rabin qui a lancé le processus de paix, le gouvernement Netanyahou qui l’a freiné et celui de Barak qui l’a relancé. 
 
Puis, il a approuvé le Premier ministre Sharon qui a brisé les Accords d’Oslo, Ehoud Olmert qui songeait à les relancer et enfin le gouvernement actuel dont les actes contredisent sans cesse les déclarations. Si certains y sont parvenus, on ne peut qu’admirer la souplesse de leurs convictions… sans se sentir tenu de les imiter.
 
Seuls les Flamands peuvent critiquer Bart de Wever
 
Et que dire de l’argument du « vous n’êtes pas sur place » ? A ce compte, seuls les Iraniens pourraient contredire les mollahs, les Birmans s’insurger contre leurs dictateurs, les Français contester Sarkozy… et les Flamands critiquer Bart de Wever.
 
En fait, si on résume ce fatras, les Israéliens peuvent dire ce qu’ils veulent, quels que soient leurs choix politiques. Les non-Juifs ont également le droit de s’exprimer en toute liberté (le moyen de les empêcher ?). De même que les Juifs diasporiques de droite. Les seuls êtres humains sur terre qui soient tenus d’adopter un silence patriotiquement sioniste sont donc les Juifs de gauche… Et si vous croyez celle-là, ils vous en raconteront une autre…
 
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