Bien, ce n’était pas un tremblement de terre non plus. Ni une éruption volcanique. Juste ce grondement de tonnerre qui, souvent, annonce des orages non désirés. Hier, donc, Benjamin Netanyahou, orateur hors pair comme toujours, expliquait d’une voix posée sa politique à une assistance approbatrice autant que charmée.
Lorsque, soudain, il fut interrompu par une voix féminine clamant : « Le serment de loyauté (qui risque d’être bientôt exigé de tout nouveau candidat à la citoyenneté) déshonore Israël ». La donzelle (la folle ? la droguée ?) fut expulsée sans ménagements dans le brouhaha général. Impassible et souriant, le Premier Ministre reprit son discours.
Cinq minutes plus tard, rebelote : cette fois, c’était un jeune homme qui hurlait : « L’occupation déshonore Israël ». Ce coup-ci, la foule, qui apprenait vite, entonna un chant patriotique pour couvrir la voix de l’intempestif interrupteur. Qui fut à son tour jeté hors de la salle. Il en alla ainsi quatre fois en totalité, ce qui pour un discours de 30 minutes, ne laissa pas d’être perturbant.
Ce qui l’était davantage encore, c’est le fait qu’il ne s’agissait pas de non-Juifs antisionistes et donc antisémites. Ni même de Juifs emplis de haine de soi. Non, c’étaient trois gentils petits bien de chez nous (enfin, de chez eux) et d’un Israélien. Tous adolescents (la meneuse a 17 ans), tous pro-israéliens, tous sionistes. Et tous, on l’aura compris, assez peu convaincus par la qualité de la stratégie du gouvernement actuel.
Interviewés par la suite, ils expliquèrent qu’ils voulaient protester contre une politique contraire aux valeurs juives qu’on leur avait enseignées et contre « la loyauté aveugle envers Israël » que la communauté exigeait d’eux. Non, ce n’était pas un tremblement de terre ni rien. Juste un avertissement que les droites juives et israéliennes seraient bien avisée de ne pas trop négliger…
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