Seize ans, cela a duré seize ans ! Avec la complicité de quelques employés de la « Claims », des membres de la mafia juive russe, lui ont volé l’équivalent de 31 millions d’euros. Les escrocs recrutaient des Juifs russophones qui, faux documents à l’appui, se présentaient comme des victimes de la Shoah aux employés corrompus.
L’un prétendait avoir été enfermé dans un ghetto, l’autre, être un survivant des camps, un troisième avoir tout perdu par la faute des nazis, etc. Quelque 5.000 personnes ont ainsi obtenu un versement de 3.500 dollars et près de 700 autres, une rente mensuelle de 400 dollars. La « Claims » a fini par s’apercevoir de ces malversations : nombre des « victimes » étaient visiblement nées après 1945….
Après un an d’enquête, le FBI a interpellé dix-sept personnes, dont six membres de l’organisation censés « examiner et approuver les requêtes légitimes ». Le procureur fédéral de New York a indiqué que chaque inculpé risquait 546.000 € d’amende et jusqu’à 60 ans de prison. Une peine qui semble équitable, surtout pour les employés.
Car, s’il est dans l’ordre des choses que les escrocs ne respectent rien, l’attitude de ces gens est simplement répugnante. Comme l’a regretté le Procureur : « Tristement, certains de ceux qui sont supposés venir en aide aux victimes les accablent une nouvelle fois ».
Mais qui garde les gardiens ?
Mais ce détournement interpelle aussi les dirigeants de la « Claims ». Le siège new-yorkais de l’association ne compte qu’une centaine d’employés. Et, durant seize ans, ni supérieurs ni collègues ne se sont aperçus que six d’entre eux piquaient dans les caisses ?
D’autre part, si cette filouterie a connu une aussi longue impunité, peut-on être assuré qu’elle est la seule ? En fait, la question ne se pose même pas pour les négationnistes. A leurs yeux, c’est la totalité des 600.000 victimes que la « Claims » a aidées qui sont des faussaires. Même si les négateurs n’ont pas besoin d’arguments rationnels pour sévir, il n’était pas vraiment utile d’ajouter cette boue à leur torrent d’immondices.
Et surtout, cette déplorable affaire pose une question qui tourmentait déjà les Romains : « Mais qui donc garde les gardiens ? ». Les dirigeants de la « Claims » sont certainement des gens honnêtes, mais qu’en est-il de leurs compétences ? Il semblerait que les employés concernés aient été membres ou, à tout le moins, proches de la mafia russe. Ceux qui les ont engagés ont-ils au moins vérifié la virginité de leur casier judiciaire ?
Y a-t-il eu un contrôle quelconque des dossiers acceptés ? Un suivi de l’argent alloué ? Avant celui qui vient d’être mis en place, s’entend. Dès que le cheval s’est enfui, on ferme toujours à double tour les portes de l’écurie…
En bonne logique, après un scandale pareil, la totalité des responsables de la « Claims » devraient remettre leur démission et laisser le pouvoir à d’autres. Cela risque peu de se produire et nul ne peut les y obliger. Car personne ne garde les gardiens…
* La « Conference on Jewish Material Claims Against Germany », fondée en 1951, défend les droits et répartit les indemnisations versées par l’Allemagne aux victimes juives du nazisme (Environ 70 milliards de dollars)
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