Gilles Lellouche à bout portant

Il y a de bonnes années pour le vin, mais aussi pour les acteurs. Prenez la cuvée Gilles Lellouche 2010 et vous aurez goûté à quelques belles facettes de son talent. L’année qui s’achève gratifie le héros du thriller A bout portant, de Fred Cavayé.

C’est au cours Florent que Gilles Lellouche fait ses premières armes. Les débuts ne sont pas faciles. Il décide de passer derrière la caméra et réalise avec son comparse Tristan Aurouet 2 minutes 36 de bonheur et plus tard Pourkoi… passkeu. Séduit par ces courts-métrages, le producteur Luc Besson les sélectionne dans le collectif « Zéro un ». Dans la foulée, Danny Brillant, Mc Solaar et Pascal Obispo leur confient la réalisation de leurs clips. C’est l’époque où il se noue avec Guillaume Canet avec lequel il fonde la société « Les films du trésor ». Avec Tristan Aurouet, Gilles Lellouche dirigera justement Guillaume Canet dans son premier long métrage Narco. Le film traite des rêves et des narcoleptiques. Lellouche n’a pas abandonné sa casquette de comédien et quelques cinéastes commencent à lui faire confiance. Il avait donné la réplique à Ophélie Winter en 1998 dans Folle d’elle, puis fait de fugaces apparitions dans plusieurs films dont Ma femme est une actrice d’Yvan Attal, en 2001. Petit à petit, l’acteur enchaîne des comédies romantiques, campant les machos au cœur tendre, puis élargit sa palette, ici en enseignant aigri, ici en malfrat ou là en maraîcher gaffeur. Toujours crédible, toujours excellent.
Prenez votre souffle. Fin 2006, il est à l’affiche de Ne le dis à personne de Guillaume Canet et du Héros de la famille de Thierry Klifa. En 2007, il joue dans Ma place au soleil d’Eric de Montalier, dans Ma vie n’est pas une comédie romantique et dans Paris de Cédric Klapisch. En 2008, il tourne dans trois films retraçant la vie de gangsters français et donne la réplique à Vincent Cassel dans Mesrine. En 2009, il poursuit sa montée en flèche dans Une petite zone de turbulences d’Alfred Lot, prête sa voix à Zoran dans Les Lascars. En 2010, il est l’inspecteur Caponi d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson, tourne à nouveau sous la direction de Guillaume Canet dans Les Petits mouchoirs, tient aussi le rôle principal des thrillers français Krach de Fabrice Genestal et d’A bout portant de Fred Cavayé… Ouf !
Quand on lui demande s’il préfère la comédie ou le drame, Gilles Lellouche répond qu’il se sent à l’aise là où il ne se répète pas, c’est la petite secousse de l’acceptation du scénario, la peur de l’inconnu qui le portent jusqu’au seuil de l’interprétation où le trac fait place au jeu. De fait, sa présence sur la toile est remarquable, il change de personnage, de ton, de registre avec aisance et talent. C’est toujours un nouvel acteur que l’on retrouve, vrai et convaincant.
Course contre la montre
Pour son rôle d’infirmier pris dans l’engrenage infernal d’A bout portant, le réalisateur Fred Cavayé s’est attaché à son côté Monsieur tout le monde : « Il a de la bonhomie et du charisme. Il peut être à la fois très charmeur et très physique. Il a un vrai pouvoir de sympathie. Quand on le voit à l’écran, on a envie d’être son copain. Même dans la vie. Il a quelque chose des “comédiens d’avant”. Il est de la famille de Belmondo, de Lanvin… Dès qu’on lui a proposé le rôle, il a dit oui sans hésiter. Je pense que le côté physique l’a aussi beaucoup excité, lui qui a adoré les films de Belmondo quand il avait 10 ans ! Il s’y est préparé physiquement comme un dingue. Il savait qu’il n’y avait pas d’autre solution : pour qu’à l’image, ça fonctionne, il fallait qu’il mouille le maillot ! ».
Gilles Lellouche confirme ce qui l’a séduit dans ce projet : « Tout ce que je dois y incarner -la peur, la crainte, la fuite- passe par le corps et pas tellement par les mots. J’étais ravi de tourner un film aussi peu dialogué, et d’avoir à faire quelque chose de totalement épuré, minimaliste et physique. J’aimais bien aussi l’idée de faire un film d’action en incarnant un anti-héros, un personnage totalement commun, banal, tiré de son quotidien et plongé dans une situation extraordinaire, et qui, en plus, doit faire front avec quelqu’un qui est tout son contraire… ».
Belmondo et Dustin Hoffman ont inspiré cet acteur de la nouvelle génération qui admire aussi Gérard Depardieu à ses débuts, Dewaere ou Vincent Cassel pour ses choix osés. Des risques que Gilles Lellouche, aujourd’hui « banquable », veut également continuer à prendre.
Synopsis
Un film de Fred Cavayé – avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin, Elena Anaya
Durée : 1h25 – Sortie le 1er décembre 2011
Tout va pour le mieux pour Samuel, futur infirmier, et Nadia qui attendent leur premier enfant. Nadia se fait kidnapper sous l’œil impuissant de Samuel. Celui-ci apprend alors qu’il a trois heures pour sortir un patient sous surveillance policière de l’hôpital dans lequel il travaille s’il veut revoir sa femme vivante. Samuel doit faire très vite…
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