Depuis plus d’un siècle, le cinéma américain ne cesse d’inspirer l’imaginaire européen du Nouveau Monde. Prologue de l’exposition, un montage cinématographique accumulant les extraits de films qui ont fait rêver des générations d’Européens plonge le visiteur dans le monde magique de « notre Amérique ».
Toute en surprises et clins d’œil, associant œuvres d’art, imagerie populaire, objets du quotidien et documents historiques, mis en scène avec ingéniosité dans un parcours éducatif ponctué d’œuvres d’art contemporain et d’intermèdes ludiques, le tout en musique, « L’Amérique, c’est aussi notre histoire ! » s’articule en quatre « mouvements ».
« L’Amérique européenne (1620-1783) » évoque d’abord la période fondatrice, les Pèlerins débarqués du Mayflower (1620), l’affrontement entre puissances européennes à la conquête du continent, la vie quotidienne des Amérindiens et aussi celle des esclaves africains. Les colons européens se découvrent peu à peu américains et, inspirés par les idéaux des Lumières, s’émancipent de la tutelle britannique. La révolution américaine et la déclaration d’Indépendance fondant la nouvelle république stimulent les idéaux des révolutionnaires de 1789, puis de toute l’Europe.
« L’Amérique américaine (1783-1917) » ensuite : malgré la Guerre de Sécession, l’Amérique connaît depuis son indépendance un essor prodigieux, en particulier grâce à l’immigration européenne. Fuyant l’oppression politique et la misère, les émigrants européens s’engagent sur la passerelle d’un navire de la compagnie maritime anversoise, la Red Star Line. Ellis Island et la statue de la Liberté sont deux grands symboles du Nouveau Monde et de son melting-pot. « Donnez-moi vos pauvres, vos exténués » : gravée dans le bronze, sur le piédestal de la statue de « La Liberté illuminant le Monde », offerte par la France aux Etats-Unis (1886), le fragment du poème Le Nouveau Colosse d’Emma Lazarus, Juive séfarade née à New York, exprime bien la promesse de liberté et de prospérité qu’offre l’immense pays aux rangs serrés de déshérités qui traversent l’Océan, pour y vivre l’aventure de la conquête de l’Ouest, ou participer à la prodigieuse croissance industrielle et urbaine de cette « terre promise » qui devient la première puissance économique mondiale.
Un nouvel atlantisme
« L’Europe américaine (1917-1989) » : mouvement en deux temps, de la Première Guerre mondiale à la Seconde, puis de la guerre froide à la fin du système soviétique. Ce parcours regorge des merveilles de l’American Way of Life. Les années 1920 voient le triomphe du cinéma hollywoodien à l’expansion fulgurante, œuvre d’immigrants juifs qui « ont fait du neuf parce qu’ils n’avaient pas le droit de faire du vieux ». C’est l’époque du Jazz, et George Gershwin, fils d’émigrants juifs russes, s’inspire d’un séjour à Paris pour son illustre poème symphonique Un américain à Paris. Après 1945, la nostalgie domine l’exposition dont les espaces sont consacrés à tous ces produits culturels américains qui, en particulier, depuis le Plan Marshall, peuplent l’univers des générations de jeunes Européens, influencés par les objets et les modes venues d’Amérique, y compris en Europe de l’Est.
Pour conclure, « L’Europe et l’Amérique (1989-2010) » : une série d’œuvres de l’artiste bruxellois Richard Kenigsman illustrent les thèmes de ce dernier mouvement de l’exposition « où l’on voit une Amérique plus puissante que jamais et une Europe en quête d’unité essayer de redéfinir leurs relations ». En fin de parcours, le visiteur s’engage sur une passerelle et surplombe une plage peuplée de vacanciers. Le regard attiré vers l’Océan, il découvre à l’horizon un film d’images réelles et d’animations, retraçant les grands moments de cette histoire partagée entre nos deux continents. Elie Barnavi, directeur du Musée de l’Europe nous invite en conclusion à « refonder les relations transatlantiques sur des bases nouvelles », car « le monde chaotique qui est le nôtrea besoin d’une alliance forte entre ses deux pôles de démocratie et de prospérité ». Bref, un « nouvel atlantisme », au bénéfice de notre civilisation, l’Occident, comme du monde entier.
Exposition L’Amérique, c’est aussi notre Histoire !
Jusqu’au 9 mai 2011 à Tour & Taxis, 86C avenue du Port, 1000 Bruxelles.
Lu-ve. 9-17h, sa-di. 10h-19h – Tél. 02/549.60.49
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