Voyons les choses en face : la situation est si mauvaise au Moyen-Orient qu’à part le Messie, mais d’ici qu’il arrive, celui-là, il n’y a qu’un super héros qui puisse sauver la région.
Le souci, c’est qu’aucun des super héros israéliens n’a jamais vraiment décollé. Ni, dans les années 1950, Gidi Gezer, un Popeye juif (mais qui mangeait des carottes) bien qu’il ait démolit des armées entières de Britanniques et d’Arabes. Ni Sabraman qui, pourtant, après avoir niqué les nazis, avait gagné la guerre du Sinaï de 1956 à lui tout seul.
Pas plus que Falafelman qui luttait contre les antisémites en les bombardant de boulettes de pois chiches. Ni même Shaloman dit « le Croisé casher », dit « l’Homme de pierre », parce que, quand il était en chômage technique, il se transformait en rocher.
Et pourtant celui là, au moindre « Oy vey !» (« Gevalt ! » en français), du Premier ministre israélien, il t’envoyait les super-terroristes au-delà de Jupiter plus vite que son ombre. Mais bon, les Israéliens n’ont jamais vraiment apprécié ces types qui se croient supérieurs aux autres parce qu’ils mettent un slip au dessus de leurs collants.
D’autant que, comme la plupart des Juifs d’ailleurs, ils se considèrent eux-mêmes comme des super héros (ainsi que des génies diplomatiques, des financiers émérites et des stratèges hors pair).
Côté arabe, il y a également du beau monde. Et qui fait incontestablement du bon boulot. Comme les quatre grands super héros égyptiens, Zein, le dernier Pharaon, Aya, la Princesse des ténèbres, Rakan, le Guerrier solitaire et Jalila, la Libératrice.
Ils passent leur vie à redresser les torts, à taper les méchants sionistes, et, comme Aya, à vaincre le méchant José Darian (à ne pas confondre avec Moshé Dayan, bien sûr). Tout aussi impressionnantes sont Hadya la Guide ou Noora la Lumière, qui font partie des « 99 » une cohorte de super héros qui incarnent chacun une des qualités d’Allah (la générosité, la pitié, la puissance, la clairvoyance…).
Mais voilà, même si tous ces super héros sont populaires auprès des jeunes, les autorités rechignent à les employer. Avec ces idées de justice et de liberté qu’ils ont, ils seraient bien capable de se ranger du côté de l’opposition, pas vrai ?
En plus, il y a la tenue des super héroïnes. Toujours à fendre les airs en combinaison moulante, visage maquillé et cheveux au vent… On peut sauver le monde sans s’habiller comme une gourgandine, tout de même …
Intégrés ? Assimilés, oui !
Alors, à qui donc faire appel pour régler le conflit israélo-arabe, sinon aux super-héros américains ? Problème : comme dans la réalité, on peut se demander s’ils sont vraiment impartiaux. C’est que Batman, Spiderman, Hulk, les X-Men, Wonder Woman, Captain America et bien sûr, Superman, ont tous des papas juifs, voyez vous.
Mais, toujours comme dans la vraie vie, ces soupçons sont quelque peu injustes. Comme Kissinger en son temps, les super héros américains sont des immigrés de la seconde génération. Plus intégrés qu’eux, tu meurs. Quasi assimilés, oui.
Prenez Superman : il arrive en tant que Kal-El dans son berceau interplanétaire pour sauver son peuple. Et, après avoir été élevé par une famille de fermiers protestants, il ressort en tant que Clark Kent, un vrai « Wasp » (White Anglo-Saxon Protestant), grand, bête, sportif, bien-pensant.
Tout ce qui lui reste de juif, ce sont ses (fausses) grosses lunettes et un comportement à la Woody Allen avec les filles. Alors, si un de ces Super Messieurs/Dames voulait bien enfiler vite fait son costume et sa cape pour venir planer au dessus de Jérusalem…
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