Vol noir de corbeaux sur nos plaines

Bien sûr, ils ne sont qu’une poignée d’illuminés quelque peu exaltés. Mais le reste du monde n’est pas nécessairement au courant. Notre devoir d’information nous amène donc à préciser que les « Netourei Karta » ne représentent qu’eux même (et encore).

 
Ce n’est certainement pas le genre de ce site de critiquer nos amis de droite. Mais, tout de même : ils sont si prompts à dénoncer la moindre esquisse de critique du gouvernement israélien. Et ils ne pipent jamais mot des délires de la secte ultra-orthodoxe des Netourei Karta.
 
Pourtant, il y aurait quoi dire : mi-décembre, par exemple, s’est tenu à Bethléem (Cisjordanie) une réunion œcuménique joyeusement intitulée : « Congrès International pour le Retour de la Palestine sous Domination Arabe et pour l’Expulsion des Sionistes des Terres Volées ».  
 
Y participaient, outre des dignitaires musulmans et chrétiens, des délégués de cette branche très particulière du judaïsme que sont donc les Netourei Karta. Et c’est peu dire qu’ils ont fait un tabac. Logique : leur gourou en chef, le rabbin Meir Hirsch a commencé son discours par : « Nous sommes les Juifs authentiques qui croyons en Allah et son enseignement » (*)
 
Il a poursuivi en dénonçant le sionisme (« honte pour l’humanité », « véritable Shoah pour les Juifs »), puis en prônant l’établissement d’une Palestine unifiée et l’expulsion des « sionistes cruels qui oppriment le peuple palestinien ». Avant de conclure en invitant « nos bien-aimés Abou Mazen et Salam Fayyad, que le Ciel les bénisse » à cesser de négocier avec l’entité sioniste…
 
Va savoir pourquoi ces gens font penser à cette remarque de rabbi Nahman de Bratzlav : « Lorsque le Messie viendra, rien ne changera, sauf que les sots auront honte de leur sottise ». Ce jour-là, certains n’auront pas fini d’être gênés.
O.W.
 
 
Profession (de foi)  : antisionistes
 
Il faut laisser cela aux Netourei Karta : ils ont le sens de la publicité. Surtout pour un groupuscule au sein d’une secte faisant partie d’une frange ultra-minoritaire du judaïsme.
 
Les Netourei Karta (litt. : « Gardiens de la cité ») doivent être, à tout casser, 2.000 de par le monde, dont 1.500 dans leur quartier de Méa Shéarim (nord de Jérusalem).
 
Et parmi ces derniers se trouve une minorité radicale de 300 membres à peu près  menée par le Rabbin Meir Hirsh. Et pourtant, ces derniers sont célèbres dans le monde entier. Partout où un ennemi d’Israël  ou un antisémite quelconque a besoin d’un Juif de service, il claque des doigts et un Netourei Karta accourt, papillotes au vent.
 
C’est qu’à leurs yeux, seul le Messie a le droit de rétablir un Etat juif. Israël est donc une hérésie absolue, une agression directe contre l’Eternel.  Opposés à son existence même, ils se sont longtemps proclamés loyaux sujets du Roi de Jordanie.
 
A présent, les Nétourei Karta sont pro-palestiniens. Le père de leur chef actuel, Moshé Hirsch (mort en juin 2010), a été conseiller puis « Ministre des Affaires juives » de Yasser Arafat.  
 
Les Juifs qui ont participé à la conférence négationniste de Téhéran en 2006 étaient des Netourei Karta. Tout comme ceux qui soutiennent le très antisémite Louis Farakhan, dirigeant de « Nation of islam » aux Etats-Unis. Le Juif qui figurait aux côtés de Dieudonné sur les affiches du « Parti anti sioniste » lors des dernières élections européennes ? Ben tiens.
 
Les savants étudient depuis longtemps ce qu’on nomme « le syndrome de Jérusalem » : des visiteurs de la ville trois fois sainte voient des Anges, se prennent pour le Messie, commencent à prophétiser, etc. 
 
Il semble que ce soient la ferveur religieuse, la flamboyance du soleil et la déshydrations qui déclenchent le processus. En général, ce sont des touristes qui sont atteints. Maintenant, on n’a jamais étudié leur impact sur les habitants de la ville. Cela pourrait pourtant expliquer bien des choses…
 
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