Des préjugés tenaces

Le 23 novembre 2010, 150 élèves issus de cinq écoles de la Communauté française Wallonie-Bruxelles ont été invités au CCLJ dans le cadre d’une journée consacrée au génocide des Tutsi au Rwanda.

En préparation à cette journée, nos animatrices ont rencontré les élèves dans leurs écoles. Des rencontres qui permettent de lever bien des tabous et révèlent, une fois de plus, la nécessité d’éveiller les jeunes aux multiples facettes de la société dans laquelle ils évoluent.
Les réactions des ados, vives et spontanées, ne se font pas attendre. Une élève : « Mais, Madame, vous n’avez pas honte de dire que vous êtes sioniste ? ». L’animatrice : « Qu’est-ce que le sionisme ? Qui peut me donner sa définition ? Si je suis attachée à Israël, cela ne m’empêche pas d’être critique à l’égard de sa politique actuelle ». Un élève, d’origine turque, à propos du génocide des Arméniens : « Je suis désolé, Madame, mais c’était la guerre, ce sont des victimes de guerre. Nous, on n’a pas commis un génocide envers les Arméniens ! ».
Il est interpellant d’observer parmi ces adolescents belges toujours en quête identitaire, leur besoin de s’assimiler et d’assimiler leur communauté aux actions d’un Etat, censé les représenter. Offrir aux jeunes un espace-temps destiné à libérer leur parole, entendre leurs remarques et y apporter la nuance indispensable à la construction d’une société démocratique et interculturelle… Voilà le travail que mène au quotidien le CCLJ sur le terrain.
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