Plus de 300 personnes et un Théâtre Molière comble pour venir applaudir les jeunes artistes. Pour venir applaudir surtout le pari un peu fou d’Anthony Bromey, parvenu une nouvelle fois à mettre sur pied son projet, en dépit des imprévus : les problèmes politiques, que l’on a décidé à l’unanimité ici de ne pas aborder, même s’ils sont malheureusement incontournables, et les difficultés administratives qui bien souvent en résultent.
Formé à l’éveil musical pour les enfants de 3 à 12 ans, animateur aux Jeunesses musicales depuis 1997, c’est en regardant une émission de Thierry Ardisson un soir à la télé qu’Anthony Bromey a eu cette révélation. Si le couturier français Daniel Hechter parvient à organiser un match de football au stade de France en réunissant des équipes mixtes d’enfants israéliens, palestiniens et français, pourquoi lui ne proposerait-il pas dans son domaine une rencontre similaire ? La musique n’est-elle pas un langage universel ? Encore lui faut-il trouver les moyens, les structures…
La directrice des Jeunesses musicales du Brabant wallon, Brigitte Wilson, se montre très enthousiaste et PIM, comme « Peace In Music », est lancé en 2004. Mais le BIJ (Bureau international Jeunesse de l’Union européenne), qui lui assure le financement, a ses exigences : le projet doit réunir deux pays européens aux côtés des deux pays méditerranéens. PIM mettra deux ans à se concrétiser. Le temps de nouer les contacts, mais aussi de se rendre sur place et de prendre la température. « En 2005, pour la première fois, je suis allé en Israël et dans les Territoires », se souvient Anthony Bromey. « Je ne connaissais la situation qu’à travers les médias, et j’en ai profité pour évaluer les réactions par rapport à notre projet, dans un contexte sensible ».
Très vite, les deux côtés se disent intéressées, à la condition toutefois de ne pas faire de publicité autour de l’événement, chacun craignant d’être récupéré par les moins modérés. Après un premier partenariat avec la France, Anthony Bromey propose l’idée à l’Allemagne. « Pour les Israéliens, comme pour les Belges, cela donnait au projet une nouvelle dimension, une occasion supplémentaire de combattre les préjugés. On ne peut repartir sur de bonnes bases que lorsqu’on se connaît mieux ».
Pour participer au projet, le Jezreel Valley Center of the Arts, la plus grande école de musique du nord d’Israël, a envoyé cette année six jeunes, âgés de 14 à 21 ans. Sept autres ont été choisis côté palestinien par l’Aramaic Cultural Center de Bethleem. L’Ecole de musique de Hattingen en Allemagne a envoyé six participants, et les Jeunesses musicales qui coordonnent l’événement en ont retenu trois. Le répertoire étant lui composé au rythme de deux chansons par groupe, une traditionnelle, une au choix.
L’envie de se rencontrer
« Notre souhait a toujours été que la personnalité du jeune prime sur son niveau musical », insiste Anthony Bromey. « Ce qui importe pour participer à cette expérience, c’est avant tout la curiosité et l’envie de rencontrer l’autre ». Le séjour de 12 jours en Belgique et en Allemagne aura été ponctué de visites, d’animations visant à mieux se connaître, de soirées culturelles, de jeux sociaux, de débriefings aussi, nécessaires pour exprimer à chaque étape son ressenti, avec deux concerts comme points d’apothéose, résultats d’une petite semaine de répétition.
« Difficile de les voir autrement que comme des ennemis », affirmera dans un premier temps un jeune Israélien, avant de changer d’avis. Tandis que d’autres trouveront cela plus facile que prévu… Et si certains Israéliens ont exprimé quelque malaise en arrivant en Allemagne, on insiste des quatre côtés pour que le projet se poursuive. Anthony Bromey et les Jeunesses musicales du Brabant wallon voudraient eux pouvoir compter sur un subside à long terme. A défaut de pouvoir déjà se concrétiser dans la région, la paix imaginée par PIM semble en très bonne voie.
Plus d’infos : 0494/26.28.24
Le projet « Peace In Music » est soutenu par le BIJ (Bureau International Jeunesse), la Commission européenne (Jeunesse en Action), wbi (Wallonie-Bruxelles International), le Service Jeunesse de la Communauté française, la Commune d’Ixelles et les Jeunesses musicales du Brabant wallon.
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