Esclaves en Egypte

Certes, Israël n’est pas une Terre promise pour les immigrants clandestins. Mais comparé au sort qu’ils connaissent en Egypte, c’est le paradis.

Depuis quelques années, Israël connaît un afflux de réfugiés africains, issus en majorité du Soudan ou d’Erythrée, et qui franchissent clandestinement la frontière avec l’Egypte. Selon l’Autorité des frontières et de l’immigration, il y en a aurait près de 30.000 actuellement dans le pays dont 11.000 pour la seule année 2010.
 
Comme chez nous, comme partout, la population est divisée à leur égard. Beaucoup considèrent avec peur ou méfiance ces « Autres » par trop différents : illégaux, miséreux, non-Juifs, Noirs, d’une autre religion …
 
Et comme chez nous, l’extrême droite éructe cette invasion de trafiquants et d’assassins. Il s’est même trouvé des rabbins pour mêler leur fiel à cette fange. A l’opposé, toujours comme chez nous, une minorité engagée leur vient en aide de son mieux, au nom de ces valeurs universelles que sont la fraternité, l’humanisme ou, tout simplement, l’humanité
 
L’actuel gouvernement est plutôt dans le rejet de ces illégaux que dans l’application de la « Convention relative au statut des réfugiés » (28/6/1951) que ses prédécesseurs ont pourtant signée. Il envisage de durcir sa législation, de construire une barrière le long de sa frontière avec l’Egypte, de les renvoyer dans leur pays d’origine, etc.
 
Pourtant si Israël n’est pas une Terre promise pour ces Africains, l’Etat juif est un paradis comparé au Sinaï qu’ils doivent traverser pour y arriver. Après plusieurs ONG européennes, le groupe israélien des « Médecins pour les droits de l’homme » vient de publier un rapport terrifiant (*) sur leur sort.
 
Il faut savoir que, de tous temps, les tribus bédouines du Sinaï se sont livrées livrés à divers trafics, drogue, alcool, armes… Et depuis peu,’être humains. Pour un passage à travers la péninsule jusqu’en Israël, ils réclament entre 1000 et 3000 dollars.
 
Dans les camps de torture  de Rafah
 
Selon de nombreux témoignages, ceux qui acceptent se retrouvent à la merci des passeurs. Au cœur du désert, ils sont souvent dépouillés de tous leurs biens, argent, passeports… Les viols des femmes sont courants, ceux qui résistent sont parfois enterrés vivants dans le sable.  Les groupes qui ne sont pas abandonnés sur place estiment avoir eu de la chance.
 
Sauf que ceux qui arrivent à Rafah, la ville la plus proche d’Israël ne sont pas au bout de leurs peines.  Certains sont effectivement abandonnés près de la frontière  mais nombre d’autres sont emprisonnés dans de véritables « camps de torture » à la périphérie de la ville.
 
Là, leur souffrances redoublent, ils sont privés de nourriture, battus, violentés, torturés… jusqu’à ce que leurs familles, restées au pays, versent une rançon pouvant s’élever jusqu’à 8.000 dollars.
 
Ceux qui ne peuvent payer sont tués et plusieurs ONG font état de rumeurs persistantes de trafics d’organes. Tout sans que les policiers ou militaires égyptiens, corrompus ou débordés, n’interviennent.
 
Des membres du Hamas, qui régit la Bande de Gaza toute proche, tirent aussi profit de ce trafic et y participent, quand ils ne l’organisent pas. On se doute que les nouveaux dirigeants égyptiens ont d’autres soucis en tête mais ils s’honoreraient en faisant cesser au plus vite ces actes de barbarie qui déshonorent leur nouvelle démocratie.

 

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