Vigilance, le Moyen-Orient bouge

Pour tout lecteur, il apparaîtra comme une évidence que, malgré la surmédiatisation, je reparle de la situation au Moyen-Orient. Qui aurait en effet pensé, il y a encore quelque temps, que toute la région serait en mars 2011 complètement ébranlée. Il y a deux vérités absolues : Moubarak n’est plus président de l’Egypte et Ben Ali n’est plus président de la Tunisie. On se bat dans les rues en Libye, il y a des troubles en Jordanie et dans pratiquement tous les pays des arabes. On pensait certains régimes inébranlables, on s’est trompé. C’est tout le Moyen-Orient qui se retrouve secoué par des vagues populaires que l’on peut qualifier sinon d’inespérées, en tout cas d’imprévues. Des millions d’Egyptiens ont défilé dans la rue contre leur Président, des millions de personnes issues des peuples arabes se révoltent contre leurs dirigeants, au pouvoir parfois depuis plusieurs dizaines d’années. Les richesses exposées attiseraient-elles la révolte des démunis ? Est-ce un cri pour la liberté ? Cela en a tout l’air. Y a-t-il un seul régime aujourd’hui au Moyen-Orient qui n’est pas ébranlé par cette situation ?

Plusieurs questions nous viennent en tête : est-ce que nous pouvions nous y attendre ? Est-ce que cette révolte est réellement démocratique ? Moubarak sera-t-il remplacé par un démocrate ? Le roi de Jordanie sera-t-il remplacé par une démocratie parlementaire ? La Libye sera-t-elle dirigée par un gouvernement qui ne veut que le bien de son peuple ?
Ben Ali, que l’on disait être le dirigeant le plus démocrate du monde arabe, a dû s’enfuir avec sa famille et sa clique de voleurs. Ils ont pillé la Tunisie et pensent emmener l’argent dans un endroit sûr.
Dans tout ce marécage se trouve un tout petit pays auquel nous tenons et qui doit survivre à travers les remous. C’est l’Etat d’Israël. Il organise des élections démocratiques, possède un régime dirigé par un parlement démocratiquement élu avec un gouvernement responsable devant ce parlement. Je pense qu’il n’y a qu’une démocratie qui peut survivre à tout ça.
Qu’Israël soit menacé aujourd’hui n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est qu’il l’est par la rue, non par la rue israélienne ou palestinienne, mais par la rue de tous les pays avoisinants. Alors que faire, que dire, que penser ? J’exprime mon opinion personnelle et je crois que la démocratie, la seule à valablement pouvoir diriger un pays, doit remplacer les diverses dictatures et autres formes de régimes totalitaires. Globalement, il y a encore une chance de ne pas arriver à un massacre massif et de se limiter à quelques incidents. Israël a raison d’être vigilant, dans cette bourrasque où tous les dangers sont permis.
Je pense qu’Israël doit pourtant profiter de cette situation en essayant de mettre fin à l’occupation, en trouvant les interlocuteurs fiables au sein du peuple palestinien. On le sait tous, il y en a. On parle même d’élections cet été dans les Territoires, sous surveillance des Nations Unies.
Ce n’est toutefois pas une garantie. La seule garantie pour Israël est d’être vigilant et de rester fort par son régime démocratique, gouverné avec des méthodes enviables, en tout cas pas souvent remises en cause.
La vigilance du monde entier doit être maintenue face aux régimes qui s’effondrent. Quand des rois, des dictateurs peuvent régner sans partage des dizaines d’années, il y a lieu de se méfier. Nous, amis d’Israël, des démocraties, de la Justice devons être particulièrement attentifs à l’évolution de la situation.
Israël est né de la volonté de son peuple, pas de celle d’un dictateur. Le peuple d’Israël va veiller à assurer sa survie par les moyens démocratiques les plus sûrs. Nous, en tout cas, allons mobiliser les forces du monde entier pour que tout se passe de la façon la plus démocratique et la plus supportable du monde. 
]]>