« Tu ne mangeras point ce qui m’est interdit »

« L’intégrisme », disait Mark Twain, « c’est la crainte épouvantable que quelqu’un soit heureux quelque part ».* Est-il encore besoin d’exemples pour démontrer la profonde vérité de cet aphorisme ? Si oui, il suffit d’écouter les protestations de quelques rabbins de Jérusalem.

C’est que la municipalité s’est permise d’autoriser un festival gastronomique dans la Vieille ville, voyez-vous. Cela les émeut, les ultras, cela les indigne même. Songez donc : « Ils vont servir de la nourriture non casher dans le quartier juif ».

On les comprend : obliger des gens religieux à manger une nourriture impure à leurs yeux (enfin, à leur palais) est une honte. Pardon ? On ne leur impose rien ? Ils mangent ce qu’ils veulent ou ils jeûnent, si tel est leur bon plaisir ?

Où est le problème alors ? Ah, les religieux ne veulent pas que les autres mangent ce qui leur est interdit à eux ? Et qu’ils y prennent plaisir en plus ? Et ils croient qu’on va leur obéir ? Oui, ils le croient et ils ont raison.

Les organisateurs du festival se sont empressés de leur répondre que toute la nourriture servie serait strictement conforme aux règles de la cacherout. Tant qu’ils y étaient, ils ont aussi juré qu’il n’y aurait pas, Dieu les garde, de danses mixtes. N’aurait plus manqué que ça, tiens.

* :Le grand écrivain américain parlait du « puritanisme », l’intégrisme de son temps.

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