Nous venons de fêter Pessah. Cette fête est importante pour le peuple juif, pas seulement pour les religieux qui observent scrupuleusement la loi juive. Alors que nous célébrons cette fête de la liberté retrouvée, nous commémorons aussi la révolte du ghetto de Varsovie déclenchée le 19 avril 1943. Pour nous Juifs, la mémoire de cette insurrection est essentielle. Comme pour Pessah, le combat des insurgés du ghetto est celui de la liberté et de la dignité.
Est-ce un hasard si chaque année, à peu près au même moment, nous célébrons la sortie d’Egypte et nous commémorons la révolte du ghetto de Varsovie ? Je ne le pense pas. Dans les deux cas, on a cherché à détruire notre peuple qui ne s’est pas laissé faire.
Si l’on suit le calendrier, on tombe ensuite sur l’anniversaire de la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948. Célébrer cet événement majeur presque en même temps que la commémoration de la plus grande tragédie du peuple juif et celle de la sortie d’Egypte a une très forte signification pour les Israéliens, mais aussi pour les Juifs de diaspora. Nous fêtons l’indépendance d’Israël comme une victoire de l’avenir sur le passé. Quand nous rendons hommage aux combattants du ghetto de Varsovie, nous commémorons également la fin de l’oppression et de l’occupation nazie. Occupation fatale pour les Juifs, puisque les Allemands voulaient nous infliger l’extermination.
Entre Pessah et Yom Haatzmaout, nous célébrons donc la liberté contre l’oppression. Il est nécessaire de le dire et de le répéter. Racontons-le à nos enfants et disons-leur qu’un jour, nous avons été esclaves, mais surtout, faisons en sorte que personne d’autre ne devienne esclave.
En Israël, dans ce pays que nous aimons, des personnalités israéliennes de premier plan, lauréats du prestigieux Prix Israël, ont déclaré que pour être pleinement libre, il faut aussi pouvoir offrir cette liberté à ceux qui n’en jouissent pas. Ils ont donc décidé d’appeler publiquement à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Ils ont raison, et nous leur apportons tout notre soutien. L’occupation et la colonisation des territoires palestiniens menacent l’existence d’Israël. La démarche courageuse de ces intellectuels s’inscrit dans le combat des hommes et des femmes qui ont lutté pour qu’un Etat soit créé pour le peuple juif.
Ces intellectuels et ces artistes de renommée internationale, comme Amos Oz, Dany Karavan ou Yehoshoua Sobol, ont été agressés physiquement par une droite brutale et haineuse lors de cet événement symbolique organisé devant l’immeuble où David Ben Gourion a proclamé l’indépendance d’Israël en 1948. Yaël Dayan, malgré son âge et sa mauvaise santé, a elle aussi été insultée et bousculée. Comment ont-ils pu s’attaquer à une femme, qui plus est à la fille de Moshé Dayan ? Ils n’ont aucun scrupule et aucune dignité. Pour ces militants de droite, la seule chose qui compte, c’est d’empêcher l’autre d’exister. Cette droite agressive, ce n’est pas notre Israël. Nous soutenons avec force Yaël Dayan et ses amis qui proclament que l’autre a le droit d’exister.
]]>