D’ici quelques jours, le Premier ministre israélien actuel, Benjamin Netanyahou, se rendra aux Etats-Unis. Il aura un entretien avec le Président Obama et fera un discours devant le Congrès. Que peut-il en sortir? A priori pas grand-chose, hélas.
Les Etats-Unis sont le principal -pour ne pas dire le seul- allié qui reste à Israël. On peut considérer que cela lui suffit : même s’ils ne sont plus ce qu’ils étaient, les Américains restent la première puissance mondiale politique, économique et militaire.
Donc, à priori, avec ses forces propres, cela suffit à l’Etat juif pour tenir la dragée haute au reste du monde. Mais pour combien de temps ? Comme le disait déjà Talleyrand, « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Et, depuis la chute du communisme, ceux de Washington sont de moins en moins en phase avec ceux de Jérusalem.
La visite de Benjamin Netanyahou peut-elle combler ce fossé ? Le Premier israélien a révélé hier à la Knesset les grandes lignes du discours qu’il tiendra devant les députés et les sénateurs américains. Il peut se résumer ainsi :
– Les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme l’Etat du peuple juif
– Jérusalem « réunifiée » restera la capitale d’Israël
– Aucun refugié palestinien ne reviendra en Israël
– Le futur Etat palestinien sera démilitarisé.
– Israël conservera des forces militaires le long de la vallée du Jourdain.
– En échange, Israël « cédera certaines parties de sa terre » aux Palestiniens tout en conservant les grands blocs d’implantations juives
Le Premier ministre conclura en précisant que, de toute façon, suite à la réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, il n’a pas d’interlocuteur à qui présenter ces propositions.
On connaît aussi le contenu du discours que le Président Obama doit prononcer ce 19 mai. Il réitère la position des Etats-Unis depuis la présidence Clinton :
– Israël doit se retirer sur les lignes d’avant le 5 juin 1967 à part quelques rectifications mineures et compensées par d’autres territoires.
– Toutes les localités israéliennes de Cisjordanie sont illégales et doivent être évacuées.
– Jérusalem sera partagée entre les deux Etats, de façon qu’aucune population ne contrôle l’autre.
– Un petit nombre de réfugiés pourra revenir en Israël, les autres auront droit à des compensations financières.
Il conclura en réitérant l’importance pour les Etats-Unis d’entretenir des liens étroits et amicaux avec Israël.
Inutile d’avoir étudié les sciences politiques pour constater les divergences profondes qui existent entre les deux gouvernements. Bien sûr, le Congrès ou dominent les Républicains manifestera son soutien à M. Netanyahou par des applaudissements prolongés, campagne présidentielle de 2012 oblige.
Mais que Barack Obama se succède à lui-même ou qu’il soit remplacé, la situation ne se modifiera guère : la « grande politique » moyen-orientale de Washington exige une solution de la question palestinienne. Et comme les Etats n’ont pas d’amis…
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