Maintenant!

Sans spéculer sur la culpabilité ou l’innocence de DSK (je veux l’imaginer innocent du crime odieux dont on l’accuse), ce qui, à cette heure, me paraît saisissant, c’est la situation qu’il connaît désormais. Imaginez cet homme à qui la France s’était offerte et qui se retrouve aujourd’hui dans la posture de l’ange déchu.

L’affaire DSK illustre à souhait le caractère illusoire des situations acquises, la fragilité de toute chose.  Comment ne pas songer à la maxime latine selon laquelle « la Roche Tarpéienne n’est pas loin du Capitole »; le Capitole étant le centre du pouvoir romain, la roche Tarpéienne, celui des exécutions capitales.Rappelons-nous encore qu’en cette même République romaine, un esclave était tenu, lors du défilé triomphal, de murmurer aux oreilles du général victorieux « Memento mori » (Rappelle-toi que tu es mortel).

Rassurez-vous, je ne gloserai pas davantage sur cette terrible affaire, sinon à souligner, par une subtile (?) digression, qu’… Israël doit conclure au plus vite un traité de paix avec l’Autorité palestinienne au risque de disparaître, et ce, faute d’avoir agi à temps. « Memento mori »vaut, en effet, pour les individus comme pour les Etats, tout démocratiques ou vertueux qu’ils soient. L’autisme est, en effet, une maladie qui peut se révéler à terme mortelle.

La solution du conflit israélo-palestinienest pourtant connue; ses paramètres ayant été définis en leurs temps par Ehoud Barak et Bill Clinton, avant d’être tout récemment confirmés par le Président Obama. Pour aller à l’essentiel : la reconnaissance de l’Etat juif par le monde arabe contre le retrait de la quasi-totalité des territoires occupés, Jérusalem-Est comprise. Renonciationau droit au retour pour les réfugiés palestiniens contre indemnisation. Israël devrait s’attacher à négocier, au plus vite, sur ces paramètres-là, et ce, tant qu’il est encore en position de force. L’alternative serait qu’il se voit imposer, à terme, une paix aux conditions, cette fois-ci, réellement inacceptables.

C’est la raison pour laquelle j’invite nos lecteurs à soutenir l’appel que viennent de rédiger d’éminents hommes politiques et intellectuels israéliens. Cet appel, évidemment relayé par J Call et le CCLJ, presse le gouvernement d’Israël à la reconnaissance de l’Etat palestinien qui «seule garantira la résolution de ce conflit par le biais de négociations sur des frontières définitives, avec possibilité d’échanges limités de territoires ».

Il est évident que cette proposition n’est pas au goût de tous. J’entends déjà les cris d’orfraie de nos chers radicaux sionistes qui, une fois de plus, n’hésiteront pas, via leurs sites internet ou courriers électroniques, à dénoncer le CCLJ. Il n’en paraît pas moins évident que la reconnaissance est le seul moyen d’éviter un dangereux isolement d’Israël dans le monde : « Seule cette politique permettra à Israël de maîtriser son destin et sa sécurité. Elle seule permettra aux développements politiques ultérieurs de se produire avec l’accord d’Israël de façon à garantir sa sécurité (…) Toute autre politique de la part d’Israël contredit les fondements du sionisme. Elle met en danger l’Etat lui-même et le peuple juif dans le monde ».

« Right or wrong », le temps joue contre Israël et les Juifs. Toutes les enquêtes le démontrent. De John Galliano à Lars von Trier, de la Lettonie à la Flandre, toutes les digues érigées depuis 1945 sont en train de se rompre. L’heure est au retour de l’humeur et de l’humour antisémites, à la réhabilitation des collaborateurs fascistes. Le processus de délégitimation d’Israël suit son cours, tortueux, pervers et absurde. Avec la disparition des générations qui ont été les témoins de la Shoah resurgissent les vieux systèmes d’accusation antisémites, cette fois-ci appliqués à l’Etat juif. Chaque jour qui passe rappelle Israël à sa condition de « Juif des nations ».

Etre sioniste passe par la reconnaissance d’un Etat palestinien, seul moyen d’éviter, au pire, un désastre, au mieux, un Etat binational où les Juifs se retrouveront tôt ou tard minoritaires, bref, dans la condition servile du Dhimmi

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