On a beau être agnostique, athée, laïque et tout ce genre de choses, on ne s’en demande pas moins parfois si les « dibbouks », ces démons qui s’emparent de l’esprit des humains, ne seraient pas une réalité.
Nombre des participants au dernier Conseil des ministres israélien, ce dimanche 19 juin 2011, ont dû avoir la très forte envie de s’écrier : « Sors de ce corps, esprit du mal et rends nous notre Premier Ministre ».
Il faut dire que les propos de Benjamin Netanyahou avaient de quoi les surprendre. La discussion tournait autour d’un rapport démographique montrant que d’ici quelques années, il y aurait une majorité de Palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain.
Comme d’habitude, le sujet faisait grimper aux rideaux les ministres partisans de l’annexion de la Cisjordanie lorsque le Premier d’entre eux les interrompit en déclarant que le débat était sans importance.
« Qu’il y ait un demi million de Palestiniens en plus ou en moins ne m’intéresse pas », expliqua-t-il. « Je n’ai pas l’intention de les inclure à l’intérieur d’Israël. Je veux me séparer d’eux pour qu’ils ne soient pas des citoyens israéliens.
Je veux qu’il y ait une majorité juive solide dans l’Etat d’Israël. A l’intérieur de ses frontières, telles qu’elles seront définies ».On imagine bien qu’après cela, il y eut comme un froid et que le Conseil tourna court.
Vaguement gênés par ces propos… étonnants, les collaborateurs de M. Netanyahou insistèrent auprès des personnes présentes pour qu’elles les gardent secrets. Non sans succès, puisqu’à part les participants et la presse mondiale, nul n’en a eu vent.
Et ce n’est pas tout. Croyez-le ou non, mais le même Premier ministre a aussi adressé, voici quelques jours, une missive personnelle au Premier ministre turc Erdogan. Déjà choquante en soi, la démarche était aggravée par le ton conciliant, voire carrément aimable de la lettre.
« Mon gouvernement sera heureux de travailler avec le nouveau gouvernement turc sur l’ensemble des questions ou désaccords entre nos deux pays, dans l’espoir de rétablir notre coopération ainsi que l’amitié qui a caractérisé les relations entre les deux peuples depuis plusieurs générations ».
Voilà mot pour mot ce que M. Netanyahou a écrit ! Franchement, on se demande à quoi cela sert qu’Avigdor Lieberman, l’excellent ministre des Affaires étrangères israélien et Danny Ayalon, son non moins excellent vice-ministre, se décarcassent !
Des années qu’ils s’épuisent à faire comprendre aux dirigeants turcs qu’Israël n’a que faire d’eux et de leur peuplade arriérée, bornée et antisémite. Tout cela pour se voir court-circuités par un homme dont le gouvernement ne tient que grâce à eux !
Certes, l’alliance avec la Turquie a été un des rares succès du premier mandat de M. Netanyahou mais quand même, tout cela n’est pas normal. Sors de ce corps, dibbouk maudit ! Et révèle-nous ton vrai nom! Ben Gourion ? Abba Eban ? Yitzhak Rabin ?
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