On en avait parlé. Mais l’histoire n’était pas finie. Alors, on vous résume les épisodes précédents et on vous raconte les nouveaux.
C’était début juin* : on avait cru devoir s’indigner de ce que Ayoub Kara, secrétaire d’Etat israélien au Développement de la Galilée et du Néguev (Likoud), soit copain comme cochon avec Filip Dewinter, le chef de file du Vlaams Belang.
On subodorait même qu’il pouvait s’agir d’une stratégie globale tendant à nouer des liens entre l’Etat juif et les extrêmes droite européennes face à un supposé « ennemi commun » : l’Arabe.
Les partisans du gouvernement actuel avaient rétorqué que pas du tout : le pauvre sous-ministre avait été abusé… coïncidence malheureuse… erreur de casting… ce genre de choses.
Sauf que, le 5 de ce mois, voilà notre Ayoub Kara, de passage à Berlin, qui sympathise avec l’estimable Patrick Brinkmann, membre éminent du parti «pro NRW » (« Pour la Rhénanie du Nord-Westphalie »).
Terrible manque de chance : de toute la classe politique allemande, le Secrétaire d’Etat israélien est encore une fois tombé sur un militant d’extrême droite, qui a fait partie du NPD puis de sa concurrente, la DVU. Deux organisations ouvertement néo-nazies, antisémites, antisionistes et négationnistes.
Naturellement, la communauté juive allemande s’est indignée. Bien sûr, l’ambassade d’Israël locale a indiqué qu’elle n’avait pas été consultée. Toutes fadaises que M. Kara a balayées d’un revers de main : « Je rencontre des centaines de personnes qui veulent promouvoir la paix et leurs relations avec Israël », a-t-il expliqué.
M. Brinckmann aurait des liens avec les néo-nazis ? Le politique israélien n’est pas au courant. Et même si ? Ce serait de toute manière « hors de propos ».
Là, Ayoub Kara marque un point : si quelqu’un est prêt à combattre le péril arabo-musulman à vos côtés, il serait malséant de lui reprocher sa haine des Juifs ou sa négation de la Shoah, non ? C’est ce qu’on appelle du « réalisme politique » quand on fait partie de l’actuel gouvernement de l’Etat d’Israël.
* http://www.cclj.be/article/2/2059
L’article auquel on est content de vous avoir fait échapper
Pour une fois, on est très satisfait de n’avoir pas écrit un article*. On veut bien sûr parler de « l’affaire DSK » qu’il faudrait d’ailleurs, semble-t-il, rebaptiser « l’affaire des médias qui ont dit n’importe quoi sur DSK ».
Eh bien, on n’a pas participé à cette curée-là. Pourtant, il y avait quoi dire, rien qu’en s’intéressant aux aspects juifs de l’histoire : une chronique sur Strauss-Kahn, millionnaire, comme tous les Juifs.
Une enquête sur le Juif qui viole une musulmane noire, comme il n’y a pas si longtemps, il violait les chrétiennes blondes, on n’arrête pas le progrès. Une étude du complot mondial juif en faveur de Strauss. Une analyse d’un nouveau « protocole des Sages de Sion » qui attaque Kahn…
Ben non, on s’est retenu. Non sans mal. Du coup, on se sent moins ridicule que d’autres. Comme quoi, on peut parfois faire du bon journalisme sans rien écrire. Même si ce n’est pas une habitude à prendre.
*http://www.cclj.be/article/3/2014
La guerre des sectes
On a déjà évoqué ces sectes hassidiques dont les membres, le plus souvent d’un antisionisme virulent, passent leur vie à prier, à ignorer les non-Juifs, à mépriser les simples pratiquants, à détester les laïcs et à s’excommunier entre eux.
Sans oublier les plus excités, comme les « Nétourei Karta », qui pactisent avec le Hamas, font la bise à Ahmadinedjad ou copinent avec Dieudonné. Et voilà qu’ils se battent entre eux à présent.
Car voici que deux… comment dire… s’ils étaient italiens, on parlerait de « bandes mafieuses ». Mais il s’agit de Juifs pieux. On préfèrera donc « deux groupes de saints hommes », les « Hassidim de Gur » et les « Eda Haredit » se disputent un territoire.
Pas pour la drogue ou la prostitution, Dieu les en garde. Juste pour l’immobilier : il faut savoir qu’il y a une pénurie de logements à Jérusalem, surtout dans les quartiers religieux. Du coup, la valeur des appartements du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à décuplé.
Même si elle est ancienne, minuscule et délabrée, le contrôle de la moindre de ces habitations est devenu une cause sacrée. Pour laquelle il faut bien se résigner à user parfois de violence. Ainsi, en novembre 2010, de brutales bagarres de rue ont-elles éclaté entre plusieurs dizaines de membres de Gour et de « Sikarikim », une des milices des Eda Haredit.
L’intervention de la police a ramené un calme tout relatif jusqu’à un nouvel incident, fin mars, qui a envoyé un de ces saints combattants à l’hôpital pour un mois. Et, voici deux semaines, nouvelle escalade : des «Hassidim de Gur » ont repéré une femme et sa fille du camp d’en face dans leur quartier. Ils les ont aspergées d’essence et tenté de les brûler vives…
Heureusement qu’on sait que tous ces gens sont des « Haredim », des « Craignant-Dieu » qui respectent à la lettre le moindre des commandements divins (genre : « Tu ne tueras point »). Sinon, toute cette violence finirait par effrayer…
]]>