Que de fois a-t-on constaté combien les Israéliens semblaient incapables de gagner la bataille des images ? Mais, en face non plus, on n’est pas toujours très doué A preuve l’opération «Bienvenue en Palestine », aussi mal pensée qu’exécutée. Récit d’un plantage
Sur le fond, cela ne change rien : ce site est toujours contre le blocus de Gaza et contre l’occupation de la Cisjordanie. Ce n’est pas pour autant qu’on se sent tenu de soutenir tous ceux qui croient aider les Palestiniens en organisant un « minitrip » en Israël.
Dès le départ, le machintrucchose baptisé « Bienvenue en Palestine » pédalait dans la semoule. L’idée était, semble-t-il, de réaliser une opération de communication : un millier d’Européens, défenseurs de la Palestine, allaient débarquer le même jour à l’aéroport Ben Gourion et pour se rendre en Cisjordanie et y manifester contre l’occupation.
Un piège imparable aux yeux des organisateurs : soit Israël laissait entrer sur son sol des centaines de voyageurs hostiles à sa politique et ceux-ci brisaient ainsi le « second blocus » imposé à la Cisjordanie. Soit, il les en empêchait et montrait ainsi son vrai visage de dictature colonialiste et fasciste.
L’idée que tous les Etats de la planète sont libres de laisser ou non des étrangers entrer chez eux ne semble pas avoir traversé l’esprit de tous ces gens. Des provinciaux, peut être ? Pire encore,les Israéliens les ont court-circuités: ils ont fait pression sur les compagnies aériennes et empêché du coup la majorité des manifestants de prendre l’avion.
Ca aussi, ça a scandalisé les organisateurs. Personne ne leur avait dit que, dans les guerres médiatiques comme dans les autres, il arrive que l’ennemi oublie d’être bête Du coup, venus afin de protester contre l’occupation, les refoulés en ont été réduits à manifester pour la liberté de circulation et obtenir le remboursement des billets.
Ceci étant, certains ont réussi à tromper la vigilance des forces sionistes en Europe et sont arrivés à l’aéroport Ben Gourion. Une cinquantaine sont même parvenus à gagner la Cisjordanie, où ils se trouvent toujours, dans l’indifférence générale..
Les autres, environ 150 personnes dont une quarantaine de Belges, considérés comme « personnes indésirables » par les Israéliens ont été arrêtés et transférés dans deux prisons.
Dans les geôles sionistes…
A commencé alors une bien difficile mission pour les incarcérés: témoigner à la face du monde de la bestiale brutalité de la soldatesque israélienne et de la cruauté des conditions de détention imposées à des civils pacifiques.
Et ça a effectivement été horrible. Selon des récits, « on est traités comme des moins que rien mais il n’y a pas eu de violences sauf la pression : crier, hurler ». Il y a eu des bousculades aussi et « c’était très, très grave parce que par exemple, il y avait une femme de 70 ans qui été tellement bousculée qu’elle ne savait pas se relever par après ».
Le transport vers la prison a aussi été un calvaire: « ma sœur qui refusait de monter dans un camion a été blessée au poignet ». « Deux heures dans des wagons à bestiaux », selon un autre témoin.
Et dans les geôles sionistes, cela a encore été pis : les hommes ont été séparés des femmes et tout le monde s’est retrouvé dans des cellules sans air conditionné alors qu’il faisait plus de 30° dehors.
Face à ces tortures, les captifs ont réagi comme Gandhi l’aurait fait: emprisonnés le vendredi, ils ont entamé le samedi une grève de la faim sans limite de temps. Qui s’est arrêtée le dimanche, lorsqu’ils ont été renvoyés chez eux.
On se moque et pourtant, on aime bien les militants en général : ils sont enthousiastes, généreux, dévoués, prêts à beaucoup de sacrifices pour les causes qu’ils défendent. Ceci dit, ils devraient parfois utiliser leur esprit critique aussi.
La situation au Moyen Orient est trop dramatique pour qu’ils fassent perdre du temps à tout le monde en se laisser instrumentaliser par des apprentis sorciers incompétents. Car, toute cette agitation, supposée créer l’événement et déjà oubliée par tous, que reste-t-il sinon rien ?
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