Bien sûr, ce n’est qu’une goutte de miel dans un verre de vinaigre. Evidemment, ce n’est pas une page Facebook qui débloquera la situation. Mais son existence seule démontre que les extrémistes n’ont pas encore gagné et que la paix n’est pas morte.
Que le conflit israélo-palestinien batte son plein sur Internet relève de l’évidence. Mais si chacun peut y faire part de son opinion, en règle générale, hélas, ce sont les plus haineux et les plus braillards qui se font le mieux entendre.
D’où le plaisir que l’on ressent à évoquer la page Facebook « Yala !-Young Leaders »*, un lieu de rencontre et de dialogue entre Israéliens et Palestiniens, probablement unique en ce moment.
Car quel autre « mur » affiche des messages de bienvenue signés Shimon Pérès, président d’Israël et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne ?
Lancée en mai de cette année, la page, où l’on peut s’exprimer en anglais mais aussi en hébreu et en arabe, vise simplement à permettre aux jeunes –futurs leaders potentiels- et dont une bonne partie de la vie sociale se passe sur le web, de lier connaissance.
L’idée sous-jacente étant qu’ils découvrent qu’en définitive, au delà de leurs différences culturelles et, bien sûr de l’état de guerre, ils ont des ambitions, des désirs et des rêves similaires.
Dans le contexte actuel, ces nouvelles générations d’Israéliens et de Palestiniens n’ont quasiment pas la possibilité de se rencontrer physiquement. Mais s’ils échangent, discutent et s’entendent dans le monde virtuel, demain, qui sait…
Tels sont en tous cas les objectifs de « Yala ! » (terme arabe, aussi utilisé en hébreu et qui veut dire « Allons-y !») selon ses créateurs : un haut-fonctionnaire de l’Autorité palestinienne, Salah al-Ayan et son ami israélien, le diplomate Ouri Savir, ancien négociateur des Accords d’Oslo et actuel Président du « Centre Shimon Pérès pour la paix ».
« Aujourd’hui,explique Ouri Savir, nos dirigeants ne sont pas courageux, ni d’un côté ni de l’autre. Alors nous nous sommes tournés vers une nouvelle génération, celle de la place Tahrir et de Facebook »
Et Salah al-Ayan de préciser : « le but est d’avoir 100 000 personnes qui travaillent à des projets collectifs sur « Yala ! » afin d’obliger nos politiques à faire la paix ». Sans publicité particulière, en trois mois d’existence, la page compte déjà 7.000 « amis ».
En majorité des internautes de Ramallah ou de Tel-Aviv mais aussi d’Egypte ou du Maroc, souvent curieux de voir « à quoi ressemblent les Israéliens ». Et ça discute ferme, de politique, d’art, de sport…
« Yala !» a aussi lancé un concours de photos sur le thème « Ma ville, ma vie ». Les internautes ont désigné les vainqueurs, un Israélien et un Palestinien. Ils ont gagné un voyage à New York où ils rencontreront d’autres « amis de Yala ! ».
Comme disait -à une autre époque et dans un contexte fort différent- le Président Mao : « Même la plus longue marche commence par un premier pas »…
* https://www.facebook.com/yalaYL
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