C’était un combattant : journaliste, écrivain, polémiste, C’était un adversaire politique aussi. Et un homme respectable. Retour sur une vie consacrée à la défense d’un certain Israël.
Ainsi, Paul Giniewski est mort. A 85 ans, tout de même. Quoique de nos jours, ce ne soit plus si vieux. Bien sûr, il était moins connu à présent qu’il ne l’avait été. On ne parierait pas que les moins de quarante ans connaissent encore son nom et ses œuvres.
Pourtant, l’an dernier encore, il avait publié « Une affaire de poison » dans lequel il défendait avec passion Israël. Ainsi qu’il le faisait depuis plus d’un demi-siècle. Comme disait Pouchkine : « Quel que soit le sujet de la conversation, un vieux soldat parlera toujours de la guerre »…
On dit « Israël », on devrait préciser « un certain Israël » qui est rarement le nôtre : celui qui va de Jabotinsky à Netanyahou, des « Révisionnistes » à « Israël Beteinu », cette droite qui se trompe dans l’opposition et mène le pays à la catastrophe quand elle est au pouvoir.
C’est précisément en cela qu’on l’appréciait, Paul Giniewski. Vous connaissez l’horrible perle de sagesse populaire : « On a les ennemis qu’on mérite ». Déprimant si on considère les esprits courts sur pattes que l’on trouve si souvent en face de soi.
Peu de réflexion, pas de style, aucun humour… Heureusement, il y a(vait) Paul Giniewski et quelques autres, que l’on peut s’honorer de combattre. Notez bien, il n’aurait probablement pas goûté cet hommage, Giniewski.
Il aurait subodoré un piège façon cheval de Troie (« Je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux », ce genre de choses). Même pas. Répétons pour les opposants de service, qui ne sont pas toujours rapides de la comprenette : cette disparition nous fait peine.
Déjà, parce qu’adolescent encore, Paul Giniewski s’est engagé dans la Résistance contre les nazis Quoi qu’ils soient devenus ensuite, les hommes (et les femmes) qui ont fait ce choix là à cette époque là ne peuvent pas être tout à fait mauvais.
Une sorte d’anti-boussole
Puis, Giniewski était là de toute éternité. Songez : son premier livre date de 1960, par là. Et depuis, il n’a jamais cessé de combattre pour ses idées, Pour savoir lesquelles, il suffit des titres de ses ouvrages : «Simone Weil ou la haine de soi », « Le Combat d’Israël, mythes et réalités », «L’antijudaïsme chrétien, la mutation », « Antisionisme, le nouvel antisémitisme»…
Aussi, cet homme là savait écrire. C’était un rude polémiste, rapide à la riposte, fulgurant dans l’attaque. Cela compte, ce genre de choses, ne serait ce que parce que cela vous change des habituelles diatribes simplistes d’en face.
Enfin, on savait qu’avec Giniewski, on n’était d’accord sur rien qui concerne Israël. Une sorte d’anti-boussole en quelque sorte. Hésitait-on sur un sujet qu’il suffisait de se reporter à lui pour savoir quelle position adopter : l’opposée.
Avec tout cela, c’était un peu comme face à Menahem Begin : on le combattait mais on ne doutait pas un instant que ce qu’il faisait, c’était pour le bien d’Israël et non le sien propre. Une certitude plus rare aujourd’hui.
Paul Giniewski a bien mérité des causes qu’il estimait justes et qu’il a défendues toute sa vie. Qu’il repose en paix.
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