Maman : trentenaire un peu débordée
Enfants : un ptit gars de 5 ans, une blondinette de 2 ans et 3 mois.
Lui : « Elle est tellement mignonne que je ne la reconnais pas ! »
Ce jour est un grand jour : après une crise à rebondissements et autant de hurlements, la blondinette a finalement daigné mettre une robe. Plus, elle a réclamé deux couettes dans ses cheveux… courts. L’occasion était trop belle, j’ai donc sauté dessus !
Depuis qu’elle est en âge de marcher, tout le monde lui rabâche les oreilles en l’appelant « mon bonhomme ». Les pantalons roses comme les jupes n’y font rien. Pire, elle semble y avoir pris goût. Parce que non seulement, elle a un grand frère qu’elle adore et qu’elle imite en tous points. Mais aussi, parce que cela lui donne une bonne raison de ne plus devoir porter que des pantalons. Et qu’un pantalon, même s’il est rose, c’est tout de même plus facile pour monter à l’échelle du lit de son aîné.
A ma remarque « Mais tu sais, les filles, c’est mignon aussi avec une robe, et toi, tu es une petite fille », je me suis entendu rectifier : « Non, un gaçon ! » (sic). Lui demandant pour mettre les choses au clair : « Et moi, je suis une fille ou un garçon ? ». Elle : « Une maman ! ». Ce qui est parfaitement exact, j’avais curieusement omis cette catégorie.
Quel parent n’a jamais ressenti la vexation suprême de voir considérer son enfant comme appartenant au sexe opposé ? Et quel parent n’a jamais renoncé, fatigué, à corriger l’intervenant, de peur de briser dans le même temps l’enthousiasme de celui qui se croyait gentil en complimentant l’enfant. « Le bonhomme, il s’appelle Lucie », aurais-je dû lui asséner ? Je ne suis pas de ceux-là, et préfère garder la vexation pour moi. Soit.
Pas étonnant, dès lors, à force d’être appelé « garçon », de vouloir appartenir au sexe « fort ». Et bonne chance ensuite pour lui
démontrer le contraire. « Non, tu vois, les garçons ont des zizis, et les petites filles des zézettes », arrêtez, on l’a toutes fait… En craignant quoi, au juste ? L’acceptation de la différence ? Je repense à Ma vie en rose d’Alain Berliner, avec ce garçonnet de 7 ans persuadé d’être une petite fille, puis je me raisonne : « Ma fille a deux ans, et la vie devant elle, rose ou pas, en robe ou en pantalon ».
Ce matin, la blondinette a elle-même réclamé des couettes, avec ces petits élastiques en éponge que je gardais précieusement depuis des mois. Et c’est vrai qu’avec ses couettes, elle était très mignonne. Même son grand frère l’a remarqué : « Elle est tellement mignonne que je ne la reconnais pas ! », a-t-il affirmé.
Je ne suis pas certaine qu’elle décidera désormais de grimper à l’échelle en robe, qu’elle parviendra à trouver des poches dans ses jupes -ah oui, elle adore aussi marcher les mains dans les poches, moins facile avec une jupe-, qu’importe. Aujourd’hui, elle est sortie de la maison avec des couettes et une robe. Et rien ne m’a fait plus plaisir.
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