Benjamin Jungers présente « Histoire dérobée »

Après le succès d’une première représentation en avril aux Riches-Claires, à Bruxelles, la lecture de l’histoire imaginée par l’atelier d’écriture de l’Athénée Catteau sera présentée une nouvelle fois par Benjamin Jungers, pensionnaire de la Comédie française. Un rendez-vous à ne pas manquer le lundi 24 octobre 2011 à 20h30 au CCLJ.

1986. A la demande de Simon, professeur d’histoire, Victor, 17 ans, élève à l’Athénée Catteau, doit interroger un de ses proches sur la période la plus marquante de sa vie. Il choisit sa grand-mère, Jeanne, ancienne professeur de l’ULB qui a donné des cours clandestins à Catteau pendant la Seconde Guerre. Ancienne résistante du réseau L’Aurore, elle revient sur son premier ordre de mission : sélectionner 16 étudiants juifs sur les 18 que compte l’établissement pour les faire passer en France… Hannah et son frère David ne seront pas retenus. David mourra dans les camps. Hannah en réchappera. Elle aura un fils, Simon, mais se suicidera pour n’avoir jamais compris l’étrange choix qui l’avait exclue du sauvetage. En lisant le travail de Victor, Simon le professeur reconnait sa propre histoire…

C’est la découverte par hasard dans le réfectoire de l’école de deux saucières aux insignes nazis qui marquera le point de départ du projet de l’atelier d’écriture de l’athénée Catteau.« L’ancien économe avait fait cette étonnantedécouverte dans les années 70, et l’histoire nous a intrigués », rappelle Anne-Laure Rousseau, l’une des trois professeurs « chefs d’orchestre » du projet. « Nous avons donc décidé de prendre le Catteau des années 40 comme thème de notre atelier d’écriture ».

Hélène Accarain, Simon Kalisz, Denis van de Kerckhove et Sara Labidi, alors en fin d’études secondaires, passeront ainsi un midi par semaine, pendant deux ans, à réécrire leur histoire, révélant en même temps le riche passé de l’Athénée bruxellois : les cours clandestins de la Faculté de Lettres et de Médecine lors de la fermeture de l’ULB en 1941 donnés à Catteau pour permettre aux étudiants juifs et non juifs de poursuivre leurs études, l’incarcération de Robert Catteau, échevin de l’Instruction publique, pour avoir refusé de fournir la liste des élèves juifs inscrits à la Ville de Bruxelles… 

Si les deux saucières ont permis de faire prendre conscience aux élèves que leur propre histoire avait pu leur échapper, elles n’apparaissent toutefois plus dans l’histoire finale titrée Histoire dérobée etpubliée aux éditions E.M.E. Benjamin Jungers, contacté pour présenter la lecture publique du texte, n’en avait donc pas connaissance au départ. « C’est une amie, ancienne élève de Catteau, qui m’a parlé de ce projet et m’a donné envie de m’y impliquer », confie le comédien belge, depuis sept ans à la Comédie française. « J’ai été intéressé par le fait que tout un groupe d’élèves se soit engagé dans cette histoire, il fallait beaucoup de motivation. La qualité de leur travail aussi et la façon dont toute cette intrigue est tissée m’ont réellement séduit, sans parler de l’originalité de cette approche pour aborder un thème comme celui de la Shoah ». Une occasion de coupler amitiés et projet professionnel en revenant sur les planches belges, une première pour ce jeune espoir de 25 ans, depuis son départ à Paris.

Le rendu « aussi simple et pudique que possible », tel qu’il le souhaitait, est brillamment accompagné par la guitare de David Vermeulen et le chant de Maria Raluca Dica. Pour ne laisser personne indifférent.

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